23/02/2013
Le quartier de San Telmo
Autour de la rue Balcarse, San Telmo rend hommage à des personnages de BD argentins. Mis à part Mafalda, ce sont encore pour moi d'illustres inconnus !
(San Telmo, Buenos Aires, février 2013)
Si les antiquaires envahissent la Place Dorrego le dimanche (voir ICI), on peut, le reste de la semaine, s'attarder longuement en terrasse et profiter, pourquoi pas, d'une petite démonstration de tango !
Il aura fallu plus d'un siècle pour achever la construction de l'Eglise de San Pedro Telmo (pour plus de précisions, et pour ceux que cela intéresse, je vous redirige vers l'excellent site du Petit Hergé...)
Une galerie d'antiquaire sur la Calle Defensa
San Telmo est un quartier populaire et où les bureaux sont rares. Si quelques "bobos" ont choisi de s'y installer, ils ne sont pourtant pas représentatifs d’une population plutôt issue des classes moyennes et mâtinée de quelques marginaux. Ces derniers confèrent d'ailleurs au quartier une image un peu ternie quant à la sécurité, surtout le soir venu…
Ce barrio a en fait deux visages : très tranquille et plutôt désert du lundi au samedi (comparé au Centro !), il s’anime, parfois jusqu’à l’excès, le dimanche en fin de matinée, quand les touristes (mais aussi les Porteños) envahissent en nombre la Calle Defensa, la Plazza Dorrego et quelques rues adjacentes.
Selon que l’on aime ou pas la foule, il faudra donc judicieusement choisir le jour de sa visite, au risque d'être déçu. Sachez tout de même qu’il n’y a que le dimanche où les terrasses de la place Dorrego laissent place au antiquaires, que la rue Defensa (piétonne à l'occasion) accueille sur deux kilomètres des dizaines de stands divers, et que tous les bars restaurants sont assurés d’être ouverts…
Ce qui fait bien sûr le charme de San Telmo, en-dehors de cette feria du dimanche, c’est bien évidemment son architecture qui nous raconte deux siècles d’histoire...
Comme vous avez pu le découvrir ICI, Buenos Aires s’est développée durant plus de deux siècles, et de façon concentrique, autour de son Fort et de la Place de la Victoire (la Casa Rosada et Place de Mai d'aujourd'hui). A la fin du 18ème, San Telmo était un quartier un peu "en dehors de la ville" qui accueillait les familles les plus aisées.
Quand la fièvre jaune refit son apparition en 1871 (il y avait déjà eu deux précédentes épidémies dans les années 50), nombre d'habitants quittèrent alors le barrio pour aller s’installer plus au nord, vers le couvent de Recoleta...
Cette année là, la terrible épidémie fit plus de 14 000 victimes, soit environ 10% de la population de la cité ! Les plus pauvres prirent alors possession des lieux, se partageant à plusieurs familles l'espace désormais vacant de ces grandes maisons bourgeoises.
A la fin du 19ème, mais surtout les premières années du 20ème siècle, alors que les quartiers qui correspondent à ce que l’on nomme communément aujourd'hui le micro-centro se modernisaient à marche forcée, San Telmo sombrait tranquillement dans une douce léthargie : c’est la raison pour laquelle on trouve encore dans ici tant de demeures coloniales bordant les rues pavées…
Depuis une dizaine d’années, les réhabilitations se multiplient et de nombreux bâtiments se voient transformer en galerie d'art ou en restaurant. Il reste encore néanmoins beaucoup de demeures à sauver de la ruine, un pari qui se révèle difficile en cette période de crise...
Construit à l'origine pour la famille Ezeiza à la fin du 19ème, cet hôtel particulier fut, après l'épidémie de fièvre jaune, habité par de nombreuses familles pauvres d'émigrants. Il abrite aujourd'hui des boutiques d'antiquaires...
(San Telmo, Buenos Aires, février 2013)
D'une architecture typique de Buenos Aires au 19ème siècle, cette ancienne résidence est aujourd'hui reconvertie en galerie marchande...
Le quartier est "par tradition" assez largement "taggé" !
Un antiquaire sur la Calle Defensa, spécialiste du mobilier des années 40 à 60...
Une énième galerie d'antiquaires...
Le Café Dorrego, à l'angle de la place éponyme
(San Telmo, Buenos Aires, février 2013)
00:09 Publié dans Buenos Aires, Histoire géo | Lien permanent | Commentaires (0)
20/02/2013
Le dessous des cartes
Buenos Aires en 1536 (au moment de sa fondation) et, seulement pour comparer, Paris à peu près à la même époque, (avec une carte de 1550)
Deux siècles après sa fondation (nous sommes en 1746) la ville s'étend doucement autour de son fort (où se situe aujourd'hui la Casa Rosada, le siège du Gouvernement) et la Grande Place (future Place de la Victoire et actuelle Place de Mai)
En 1800, le quartier de San Telmo commence à poindre le bout de son nez, mais rares sont les porteños à élire domicile sur Recoleta...
En 1870 , la ville s'est étendue sur l'est (au nord sur la carte). Le centre en est toujours le Fort et la Place de Mai. (En rouge : la ville de 1746 ; en bleu, celle de 1800). La ville ne possède toujours pas de port digne de ce nom...
Je pense qu'en découvrant ces cartes anciennes de Buenos Aires, on comprend mieux l'évolution de la petite colonie fondée par Pedro de Mendoza en 1536 : assez lente durant près de deux siècles et demi , puis fulgurante à partir de la fin du 19ème siècle.
Il suffit d'ailleurs de scinder en deux les 477 années qui nous séparent de l'arrivée des premiers colons espagnols pour mieux comprendre cette histoire :
Les 244 premières années furent celles d'un développement plutôt pépère, Buenos Aires n'étant qu'un pion parmi tant d'autres de l'immense vice-royauté du Pérou qui gérait, au nom de la couronne espagnole, la presque totalité du continent sud-américain.
Devant les difficultés inhérentes à la gestion de si vastes provinces, le roi d'Espagne dut se résoudre en 1776 à la création de deux nouvelles vice-royauté, dont celle du Rio de la Plata ; les prérogatives de cette dernière s'étendait alors sur la majeure partie des actuels territoires de l'Argentine, du Chili, de la Bolivie, du Paragay et de l'Uruguay...
C'est en devenant, in facto, et il y a seulement 233 ans, la capitale de cette nouvelle entité, que Buenos Aires va connaître sa première expansion significative.
Malgré tout, en 1850, la population totale du pays peine encore à dépasser le million ! C'est bien peu d'habitants pour une jeune République qui se cherche une place au concert des nations...
Une décision va donc avoir une importance décisive : celle de la mise en place, à partir des années 1860, d'une politique d'immigration "européenne" réellement incitative : rien qu'entre 1880 et 1910, ce ne sont pas moins de 4 millions d'immigrés (en grande majorité Italiens et Espagnol), qui vont débarquer sur les rives de la Plata ; à cette époque les étrangers vont jusqu'à représenter 30% de la population totale.
C'est en réalité grâce à cette émigration massive que la capitale prendra alors son véritable envol.
En 1914, Buenos Aires comptait déjà 1,5 millions d'habitants !
Cent ans plus tard, la mégaplole et ses 15 millions d'habitants est au 19ème rang des villes les plus peuplées au monde...
En 1895, la ville se développe de façon exponentielle. On apperçoit enfin le nouveau port (l'actuel Puerto Madero) qui n'existait pas 25 ans plus tôt !
En rouge, on découvre l'Avenida de mayo, percée entre 1888 et 1894 !
En 1900, la ville a continué de croître ; De nouveaux quartiers se développent, tels Palermo, Belgrano et Almagro...
23:28 Publié dans Buenos Aires, Histoire géo | Lien permanent | Commentaires (1)






























