25/10/2014
Le Musée d'Art hispano-américain
(Museo de Arte hispanoamericano, octobre 2014)
El Palacio Noel, 1422 calle Suipacha
Quel meilleur écrin pouvait-on imaginer pour abriter la collection d'Isaac Fernandez Blanco que cette maison néocoloniale construite par l'architecte Martín Noel. Ce dernier était l'un des promoteurs d'un courant "néo-hispanique", en réaction frontale au néoclassicisme français régnant sans partage sur l'architecture portègne de l'époque.
C'est en 1920 qu'il construit ce petit "palacio", dans un style inspiré de l'architecture andalouse (mâtinée d’influence péruvienne et arabe), pour y installer sa famille ainsi que celle de son frère Carlos, intendant de Buenos Aires.
Ils n'occuperont semble-t-il pas très longtemps cette maison, puisque elle est rachetée par la ville en 1936 et transformée en musée dès l'année suivante.
C'est en 1910 qu'Isaac Fernandez Blanco, riche mécène, ouvre au public une partie de sa maison de la calle Irigoyen, afin d'y présenter sa propre collection : ce sera le premier musée privé d'Argentine!
Cette collection s'enrichit au fil des ans de nouveaux achats ainsi que de nombreux dons au point qu'Isaac Fernandez Blanco doive définitivement quitter les lieux en 1920. Sa maison devient alors un musée à part entière avant d'être cédée à la municipalité deux ans plus tard.
En 1947, cette collection est définitivement transférée au Palacio Noel de la calle Suipacha.
Ce musée nous permet de découvrir une multitude de facettes de l'art colonial (bien souvent religieux) mais aussi de la vie quotidienne des colons jusqu'au tournant du 19e siècle.
Un bien joli musée en somme, un peu hors des circuits touristiques classiques...
De nombreuses (et réussies) reconstitutions d'intérieurs.
Magnifique collection de peignes en écailles
(Museo de Arte hispanoamericano, octobre 2014)
16:27 Publié dans Buenos Aires, Culture et tradition, musée | Lien permanent | Commentaires (1)
23/10/2014
Parati, la belle oubliée
(Parati, État de Rio, septembre 2014)
Tout au long de la route qui mène de Rio à Parati (environ 260 km), le voyageur découvre une succession de baies et de plages plus magnifiques les unes que les autres : C'est la fameuse Costa Verde !
Le vieille ville est pavée de grosses pierres provenant d'Europe : ces dernières servaient de ballast aux galions qui faisaient à vide la traversée depuis le Portugal avant de repartir chargés de toutes les richesses qu'offrait le Brésil : or, sucre, café, bois précieux, épices, etc...
(Parati, État de Rio, septembre 2014)
L’église Notre-Dame "dos Remedios" (du remède) était réservée à la bourgeoisie.
(Parati, État de Rio, septembre 2014)
Si Parati peut paraitre pour certains un brin trop restaurée, elle reste néanmoins un remarquable témoignage de ce qu'était une ville brésilienne florissante au 18e siècle.
La ville est fondée en 1667, à un moment où l'on commence enfin à découvrir de l'or au Brésil !
Jusqu'à présent (et depuis d'ailleurs le début de la colonisation), les échanges avec l’Europe sont toujours largement dominés par le commerce du sucre !
San Salvador de Bahia, la capitale du pays, se trouve à plus de mille kilomètres de là et Parati, pour des raisons purement logistique, va vite devenir l'épicentre de ce nouveau négoce : l'or arrive à dos de mule des régions voisines (surtout celle du Minas Gerais) avant d'être embarqué sur des galions qui filent avec la manne providentielle jusqu'au Portugal. En effet, les caisses du royaumes sont vides et l'économie est plutôt exsangue après des années de guerre contre l'Espagne et les Pays-Bas.
La ville à cette époque est assez "secrète", surtout peuplée de militaires qui veillent au grain !
Mais patatras, en 1763, Rio de Janeiro devient la nouvelle capitale du Brésil ! Dans un besoin très pragmatique, les autorités cherchent à se rapprocher au plus près de ces régions aurifères qui s'avèrent, de plus, riches en mines de pierres précieuses.
La "route de l'or" est modifiée : exit Parati, bonjour Rio.
La cité accuse le coup mais fini par se relever : après le cycle de la canne a sucre et celui de l'or (et des pierres précieuses), voici venu (vers 1800) celui du café. Parati s'enrichit de nouveau allègrement, sans savoir que ce sursaut sera de courte durée : le chemin de fer, construit en 1870 entre Rio et Sao Paulo, lui apporte le coup de grâce et elle fini par perdre tout intérêt économico-stratégique !
La ville "disparait" alors littéralement du paysage en seulement quelques années, au point qu'il faudra attendre presque cent ans (dans les années 1950) pour qu'une route goudronnée la relie de nouveau au monde "civilisé".
L'état de conservation exceptionnel où se trouve Parati n'est que le fruit de cette très longue léthargie ; comme si la ville avait été figée dans le temps.
Au bout de la rue, l'église Notre-Dame de Rosario, dans laquelle les esclaves priait un saint noir.
(Parati, État de Rio, septembre 2014)
(Parati, État de Rio, septembre 2014)
Les bateaux colorées attendent désespérément le touriste, mais ce n'est vraiment pas encore la saison d'aller se baigner !
Un petit pont, au centre de la vieille ville, enjambe le Rio Perequê-Açú qui part se jeter dans la baie.
Une conception très ingénieuse des quais permet à la mer de s'engouffrer dans les rues lors des marées... et d'en assurer ainsi le nettoyage !
A l'est, une adorable petite plage borde Parati
L'église Notre-Dame "das Dores" (des douleurs), avec vue sur la mer : c'est là que se retrouvait l'aristocratie.
D'abord conçues sans étage, certaines maisons furent surélevées au 18e siècle et agrémentées de balcons en fer forgé.
On trouve dans les épiceries des centaines de variétés de "cachaça", cet alcool de canne à sucre qui fait la fierté des Brésiliens.
Comme personne n'est oublié, voici enfin Santa Rita, l'église réservée aux mulâtres...
Pour clore ce petit séjour, j'avais prévu d'aller un après-midi à la plage de Trindade, à une vingtaine de kilomètres de Parati : où l'on se rend vite compte qu'une plage paradisiaque sans soleil l'est tout de suite beaucoup moins !
(Plage de Trindade, septembre 2014)
02:45 Publié dans Brésil, En dehors de l'Argentine, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0)































