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05/03/2015

L'Antarctique, petit point histoire-géo (désolé, mais j'peux pas m'empêcher :)

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Je vais tenter dans ce post de résumer rapidement ce qu’est l’Antarctique car, il faut bien l’avouer, les cartes peuvent parfois prêter à confusion (comme par exemple ci-dessus, où le continent semble s’étendre sur plus de 20 000 km !). 

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D’abord évacuons la différence entre l'Arctique (au nord) et l'Antarctique (au sud) qui n’ont de commun que leur superficie (environ 14 000 000 km² chacun), les rudes conditions climatiques qui y règnent et donc leur très faible population.

L’Arctique est, pour faire bref, une immense banquise (de 1,5 à 4 mètres d'épaisseur) qui flotte sur l’Océan Arctique.

Une partie de cette banquise est pérenne, c’est-à-dire qu’elle ne fond jamais ; son épaisseur est de 3 à 4 mètres. Tout autour existe une banquise saisonnière, qui fond l’été puis se reconstitue en hiver et dont l’épaisseur (qui baisse d’année en année) est comprise entre 1,50 et 2,50 mètres.

Les territoires en bordure de cet océan (c’est-à-dire se situant à l’intérieur -ou à proximité- des limites du cercle polaire) font également partie de ce que l’on dénomme généralement l’Arctique. Il s’agit de l’Islande, du Groenland et des parties les plus au nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, de la Russie, du Canada et de l’Alaska (USA).

L’antarctique est , pour faire aussi bref, un continent recouvert d’une calotte de glace de 1 600 mètres d’épaisseur (en moyenne) et qui est cerné par l’Océan Austral.

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C’est ce que l’on appelle un Islandis : une calotte polaire (qui peut atteindre ici jusqu’à 4 000 mètres d’épaisseur et qui repose sur un substrat rocheux (avec ses chaînes montagneuses, ses vallées, etc…)

Le continent regroupe environ 90% de la glace terrestre et près de 70% de l’eau douce de la planète. Si toute cette glace venait à fondre, le niveau des mers s’élèverait de 60 mètres !

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Si on retourne un globe terrestre, l’Antarctique paraît bien loin de tout ; seul le sud de la Patagonie se trouve à moins de 2 000 kilomètres du continent blanc.

C’est l’endroit le plus froid de la terre (beaucoup moins le long des côtes), et on y relève régulièrement des températures à moins de 80°.

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Peu de touristes ont l’occasion d’atteindre le cercle polaire antarctique. La plupart des "expéditions" se contentent de visiter l’extrémité de la péninsule en poussant au mieux jusqu'à la base Ukrainienne Vernadsky qui se trouve tout de même encore à plus de 2 800 kilomètres du pôle sud!

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Voici justement le chemin qu’a parcouru notre bateau, le Plancius, entre le 6 et le 10 février dernier, à la pointe de la péninsule.

L’histoire de l’Antarctique est assez courte : après une vaine recherche par de nombreux navigateurs entre le 16 et le 18e siècle, il faudra attendre 1820 pour que le continent soit vraiment « découvert » et 1821 pour qu’un homme y pose le pied pour la première fois (même si la date de cet épisode est contesté).

Il se passe alors quelques années, surtout propices au chasseurs de phoques et de baleines, avant que des explorateurs et des scientifiques décident d’aller plus avant. L'impulsion sera donné par le français Dumont d’Urville en 1840, rapidement suivi par les américains puis les britanniques.

L’âge d’or (dit « héroïque ») de cette exploration se situe en entre 1895 et 1922, avec bien entendu la folle envie d’atteindre le pôle.

Le belge De Gerlache réalisera un premier hivernage complet en 1898, à bord du Belgica. Un de ses hommes à bord, le fameux norvégien Roald Admunsen, reviendra là quinze ans plus tard et sera le premier homme à rallier le pôle (en traîneau, le 14 décembre 1911).

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La population de l’Antarctique se limite bien évidemment qu’aux seuls résidents de la cinquantaine de bases scientifiques (appartenant à une trentaine de pays) principalement construites le long des côtes.

Le nombre de ces résidents varie entre 5 000 en « été » et moins de 1 000 en hiver, quand le personnel est drastiquement réduit ou certaines bases tout simplement fermées.

La plus grande est la base américaine McMurdo (1000 personnes en été et 200 en hiver) et la plus petite est sans nul doute l’ancienne base militaire (puis scientifique) britannique de Port Lockroy, aujourd’hui transformée en musée / magasin de souvenir / bureau de poste et qui héberge 3 personnes en été afin de recevoir les touristes et oblitérer leurs cartes postales...

Pour terminer, l’Antarctique, malgré les vaines revendications territoriales de quelques pays, est protégé depuis 1959 par un traité reconnu par une cinquantaine d’état et qui stipule qu’il « continuera à être employé exclusivement à des fins pacifiques », chaque nation pouvant implanter une station où que ce soit sur le continent.

Les bases militaires, les essais nucléaires, les dépôts de produit toxiques, etc… y sont bien entendu totalement prohibés.

23/10/2014

Parati, la belle oubliée

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(Parati, État de Rio, septembre 2014)

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Tout au long de la route qui mène de Rio à Parati (environ 260 km), le voyageur découvre une succession de baies et de plages plus magnifiques les unes que les autres : C'est la fameuse Costa Verde !

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Le vieille ville est pavée de grosses pierres provenant d'Europe : ces dernières servaient de ballast aux galions qui faisaient à vide la traversée depuis le Portugal avant de repartir chargés de toutes les richesses qu'offrait le Brésil : or, sucre, café, bois précieux, épices, etc...

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(Parati, État de Rio, septembre 2014)

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L’église Notre-Dame "dos Remedios" (du remède) était réservée à la bourgeoisie.

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(Parati, État de Rio, septembre 2014)

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Si Parati peut paraitre pour certains un brin trop restaurée, elle reste néanmoins un  remarquable témoignage de ce qu'était une ville brésilienne florissante au 18e siècle.

La ville est fondée en 1667, à un moment où l'on commence enfin à découvrir de l'or au Brésil !

Jusqu'à présent (et depuis d'ailleurs le début de la colonisation), les échanges avec l’Europe sont toujours largement dominés par le commerce du sucre !

San Salvador de Bahia, la capitale du pays, se trouve à plus de mille kilomètres de là et Parati, pour des raisons purement logistique, va vite devenir l'épicentre de ce nouveau négoce : l'or arrive à dos de mule des régions voisines (surtout celle du Minas Gerais) avant d'être embarqué sur des galions qui filent avec la manne providentielle jusqu'au Portugal. En effet, les caisses du royaumes sont vides et l'économie est plutôt exsangue après des années de guerre contre l'Espagne et les Pays-Bas.

La ville à cette époque est assez "secrète", surtout peuplée de militaires qui veillent au grain !

Mais patatras, en 1763, Rio de Janeiro devient la nouvelle capitale du Brésil ! Dans un besoin très pragmatique, les autorités cherchent à se rapprocher au plus près de ces régions aurifères qui s'avèrent, de plus, riches en mines de pierres précieuses.

La "route de l'or" est modifiée : exit Parati, bonjour Rio.

La cité accuse le coup mais fini par se relever : après le cycle de la canne a sucre et celui de l'or (et des pierres précieuses), voici venu (vers 1800) celui du café. Parati s'enrichit de nouveau allègrement, sans savoir que ce sursaut sera de courte durée : le chemin de fer, construit en 1870 entre Rio et Sao Paulo, lui apporte le coup de grâce et elle fini par perdre tout intérêt économico-stratégique !

La ville "disparait" alors littéralement du paysage en seulement quelques années, au point qu'il faudra attendre presque cent ans (dans les années 1950) pour qu'une route goudronnée la relie de nouveau au monde "civilisé".

L'état de conservation exceptionnel où se trouve Parati n'est que le fruit de cette très longue léthargie ; comme si la ville avait été figée dans le temps.

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Au bout de la rue, l'église Notre-Dame de Rosario, dans laquelle les esclaves priait un saint noir.

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(Parati, État de Rio, septembre 2014)

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(Parati, État de Rio, septembre 2014)

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Les bateaux colorées attendent désespérément le touriste, mais ce n'est vraiment pas encore la saison d'aller se baigner !

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Un petit pont, au centre de la vieille ville, enjambe le Rio Perequê-Açú qui part se jeter dans la baie.

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Une conception très ingénieuse des quais permet à la mer de s'engouffrer dans les rues lors des marées... et d'en assurer ainsi le nettoyage !

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A l'est, une adorable petite plage borde Parati

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L'église Notre-Dame "das Dores" (des douleurs), avec vue sur la mer : c'est là que se retrouvait l'aristocratie.

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D'abord conçues sans étage, certaines maisons furent surélevées au 18e siècle et agrémentées de balcons en fer forgé.

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On trouve dans les épiceries des centaines de variétés de "cachaça", cet alcool de canne à sucre qui fait la fierté des Brésiliens.

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Comme personne n'est oublié, voici enfin Santa Rita, l'église réservée aux mulâtres...

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Pour clore ce petit séjour, j'avais prévu d'aller un après-midi à la plage de Trindade, à une vingtaine de kilomètres de Parati : où l'on se rend vite compte qu'une plage paradisiaque sans soleil l'est tout de suite beaucoup moins !

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(Plage de Trindade, septembre 2014)

12/10/2014

Le Corcovado et le Christ Rédempteur

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(Corcovado, septembre 2014)

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Un petit train à crémaillère mène sur 3,8 km depuis la station Corcovado (qui se trouve dans le quartier de Cosme Velho) jusqu'au sommet du... Corcovado, quelques centaines de mètres plus haut.

La ligne a été ouverte en 1884, soit près de 50 ans avant l’inauguration de la statue du Christ Rédempteur ! Ce sera également, en 1910, le premier chemin de fer du pays a être électrifié.

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il y a également une route qui conduit jusqu'au sommet...

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On aperçoit les rails dentés dans lesquels viennent s'accrocher des roues motrices, crantées elles aussi. Les rames (3 en service, 1 en réserve) sont composées de seulement deux voitures. Elles sont de fabrication suisse et datent de 1980.

Il faut compter environ 20 minutes pour arriver au sommet ; le débit de cette ligne étant, de fait, assez faible (540 passagers à l'heure), l'attente peut être interminable à la station Corcovado !

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En sortant de la station, à l'arrivée, c'est d'abord le dos du Christ que l'on aperçoit.

Des escaliers mécaniques (et des ascenseurs) ont remplacé en 2003 l'une des deux volées de 230 marches qui menaient au monument...

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(Le Christ Rédempteur, septembre 2014)

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Une visite au Christ Rédempteur de Rio (o Cristo redentor), le monument le plus symbolique et le plus visité du Brésil, commence par un choix cornélien : si l'on décide de s'y rendre par une belle matinée, on découvrira le visage du Christ baigné de soleil... mais la ville de Rio et le Pain de Sucre seront malheureusement à contre-jour ; l'après-midi, ce sera bien évidement le contraire.

Si le temps est pourri, cela alors importe peu, et il est même possible que vous n'aperceviez même pas la tête du Messie :)

Privilégiant la vue, j'ai donc choisi la seconde option !

Le Corcovado, avec ses 710 mètres, est le morro le plus haut de Rio de Janeiro (que de "O"!) Il s'appela un temps "Pinacle de la tentation" (pinacula da tentaçao), du nom d'un épisode biblique,  puis prit celui de Corcovado, qui signifie plus prosaïquement "bossu" en portugais.

C'est en 1921 que (re)germa l'idée de construire un monument pour coiffer ce sommet déjà très couru à l'époque pour son extraordinaire vue. L'idée était de réaliser la statue à l'occasion du centenaire de l'indépendance du Brésil (1821-1824), mais devant l'ampleur du projet finalement choisi, il faudra attendre encore dix ans avant l'inauguration !

La paternité du monument agite encore aujourd'hui les descendants pour une évidente question de royalties : il se vend chaque année des centaines de milliers de figurines et au moins 130 municipalités au Brésil ont sur une place ou à un coin de rue leur "Christ Rédempteur", copie conforme si ce n'est pour la taille.

Si cette œuvre monumentale est à l'évidence un ouvrage collectif, dont la construction fut confiée à l'ingénieur Brésilien  Heitor da Silva Costa, il ne fait absolument aucun doute que c'est le Français Paul Landowski qui "inventa" cette statue géante, en dessina les ébauches et confectionna, en France, une première maquette de quatre mètres de haut. C'est également dans ses ateliers de Boulogne-Billancourt qu'il façonna en taille réelle la tête et les main du Christ, qui furent ensuite transportées jusqu'à Rio. 

C'est également un autre français (le célèbre ingénieur Albert Caquot) qui fut chargé de réaliser en béton armé la structure de la statue (équivalente à la hauteur d'un immeuble de 12 étages!), dont l'armature avait d'ailleurs été initialement envisagée en métal !

Afin de résister aux intempéries, on a recouvert le monument de plaques et de mosaïques en stéatite (plus communément appelée saponite ou pierre à savon). Cette roche, abondante dans le proche État du Minas Gerais, est en effet à la fois souple à travailler mais résistante au chocs et aux températures extrêmes. Lors de la dernière rénovation de grande ampleur (en 2010), 60 000 de ces petites pierres taillées en triangle ont été utilisées...

Les travaux commencèrent en 1926 et la statue fut inaugurée le 12 octobre 1931, il y a tout juste 83 ans aujourd'hui :)

Pour ce qui est des chiffres, je m'en remets à Wikipédia : "la statue mesure 38 mètres de haut (dont 30 pour le Christ et 8 pour le piédestal, qui occupe une aire de 100 m2). Sa masse est de 1 145 tonnes, la masse approximative de la tête est de 30 tonnes et celle de chaque main de 8 tonnes. La tête mesure 3,75 m, chaque main 3,20 m, la largeur de la tunique est de 8,50 m. L'envergure entre les deux mains est de 28 mètres".

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On aperçoit le long du bras des paratonnerres qui recouvrent d'ailleurs également la tête du christ. Cela n'empêche pourtant pas la statue de recevoir régulièrement son lot d'éclairs destructeurs, comme en janvier dernier, ou deux doigts avaient été touchés !

Il faut dire qu'a plus de 700 mètres de haut et au milieu de la plus grande forêt urbaine du monde, le Christ est une cible idéale !

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Depuis le promontoire, sous le regard du Christ, on découvre la merveilleuse baie de Guanabara.

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Au milieu de cette baie, la star incontestée : le fameux Pão de Açúcar, qui fut un temps pressenti, lui aussi, comme un éventuel hôte de l'impressionnante statue !

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La Lagune Rodrigo de Freitas est reliée à l'océan par un petit canal qui sépare les quartiers d'Ipanema et Leblon. 

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A droite de l’Hippodrome de Rio s'étendent les 137 hectares du Jardim Botânico, fondé en 1808 par l'Empereur João IV de Portugal.

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(Le Christ Rédempteur, septembre 2014)

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Au loin, les quartiers de Centro et Lapa.

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A la gauche du Christ, on aperçoit le fameux stade du Maracanã, dont il n'était pas vraiment au programme que je le visitasse !

Inauguré pour la Coupe du Monde de Football de 1950 (ou l'Uruguay battu en finale le Brésil), le stade a vu cet été la victoire de l'Allemagne ; il accueillera en août 2016 les prochains Jeux Olympiques d'été, qui seront aussi les premiers à être organisé sur le continent Sud-américain...

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De tout côté, on découvre également de nombreuses favellas...

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Des immeubles, à Lagoa, se reflètent dans l'eau de la lagune.

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(Le Christ Rédempteur, septembre 2014)

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Ce à quoi ressemblent les milliers de mosaïques qui recouvrent le monument...

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Comme j'étais à contre-jour, j'ai fait appel à la technique pour réaliser ce portrait très "années 30" !

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Dans les huit mètres du socle se cache une petite chapelle consacrée à Nossa Senhora Aparecida, et où se pratique régulièrement des célébrations de mariages et de baptêmes.

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Le Pão de Açúcar

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Pour terminer ce long post, une rafraichissante et bienvenue caïpirinha devant la plus incroyable vue de Rio de Janeiro...

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(Corcovado, septembre 2014)

07/10/2014

Les plages d'Ipanema et de Copacabana

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(La plage de Copacabana, Rio de Janeiro, septembre 2014)

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 Au début des années 1970, le célèbre paysagiste brésilien Burle Marx réinterprète un style de pavage (la chaussée portugaise) inventée à Lisbonne au milieu du 19e siècle et qui s'est ensuite propagée dans tous les coins de l'Empire. Il réalisa entre autres la superbe "frise" de Copacabana, qui borde sans discontinuer la plage sur quatre kilomètres de long... 

Comme on peut le voir sur l'image Google Earth ci-dessous, ce pavage au multiples formes investi également les trottoirs au pied des immeubles, ainsi que les terre-pleins centraux.

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(Copacabana, Rio, septembre 2014)

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Le Copacabana Palace, construit en 1923 (et dont Mistinguett fut la vedette du bal d'ouverture) est l'un des hôtels les plus luxueux de la ville. Il fut également le premier palace d'Amérique du sud.

Je ne suis pas sûr que les clients soient en ce moment ravis d'avoir face à leur suite, pour laquelle ils ont déboursé 700 à 1000 euros la nuit, ce pavillon (photos du bas) en guise de "vue sur mer et plage" !

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Le "Musée de l'Image et du Son" (du cabinet Scofidio + Renfro) devait ouvrir ses portes en 2011 !

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Au nord de la plage, quelques barques de pêcheur dont la présence semblent un brin saugrenue !

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Au sud, à l'a-pic du promontoire rocheux, des pêcheurs tentent leur chance...

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Le soleil se couche (assez tôt) derrière les grands buildings de l'Avenue Atlântica et la lumière sur la plage se fait alors rasante...

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Rio, c'est à la fois le Carnaval, le Pain de Sucre, le Corcovado, mais également bien sûr ces fameuses plages, dont Copacabana et Ipanema, réputées surtout du fait qu'elles sont "dans" la ville, celle qu'arpente le touriste. Elles font intrinsèquement partie de l'identité carioca.

Car pour ce qui est des plages, Rio n'en manque pas : elles s’étendent en effet sur des dizaines de kilomètres, à l'est et à l'ouest de la ville, et bien souvent dans un environnement un peu plus... sauvage.

Les plages de Copacabana et d'Ipanema (du nom des quartiers qu'elles bordent) font chacune environ 4 kilomètres de long sur, bien souvent, plus de 100 mètres de large. Elle sont fréquentées tout au long de la journée, mais plus encore bien entendu les fins de semaines.

L'histoire raconte qu'un moine bénédictin naufragé au large des côtes en 1754 fini par s'échouer sur une plage où, comme il l'avait promis, il construisit une petite chapelle en l'honneur de la fameuse Vierge Noire de Copacabana, la petite ville de Bolivie au sud du Lac Titicaca...

Le nom d'Ipanema vient lui du Guarani et signifie "mauvaises eaux" ; une appellation fort sage car la plage est en effet réputée pour ses vagues et ses courants assez forts. Ipanema est aussi le berceau de la bossa nova, inventée par João Gilberto. Rappelez-vous la fameuse "Girl from Ipanema", avec Stan Getz au saxo !

Le bord de mer, que ce soit le long de l'Avenue Atlântica (à Copacabana) ou Vieira Souto et Moreira (à Ipanema et Leblon), est constellé de petits bars (on en compte environ un tous les 100 ou 200 cents mètres) où il est bien agréable de venir siroter un jus de noix de coco verte ou une caïpirinha !

 

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A la tombée du jour, je m'offre une caïpirinha face à la plage.

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Depuis ma chambre d'hôtel (à travers des vitres teintés : grosse déception!), je découvre Copacabana évoluer à chaque heure de la journée...

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Des clubs viennent s'entraîner...

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La longue avenue est piétonne tous les dimanche.

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La nuit tombe et Copacabana s'illumine...

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Depuis le toit de l'hôtel Arena

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Au loin le "Christ" veille sur la ville, de jour comme de nuit...

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Une terrasse "avec piscine privée" qui doit valoir des millions !

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A peine plus grande, celle de l'hôtel !

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Le Corcovado, depuis la terrasse

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La rue Otaviano, longue de 600 mètres, sépare les plages de Copacabana d'Ipanema.

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Sur Ipanema, c'est un nouveau motif de dallage qui prend la relève et borde les 3,8 km de la plage ; il y a en fait trois plages différentes (Arpoador, Ipanema et Leblon), mais je vous assure que pour les avoir parcouru tout du long, c'est bien le même banc de sable !

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Comme sur Copacabana, la plage est rythmée par ses "postes de police numérotés", ses bars en terrasse et ses agrès proposés gratuitement aux plus sportifs...

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Au loin, le célèbre morro des "deux frères"(Dois Irmãos) et la petite plage de Vidigal au pied de l'imposant Sheraton.

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A gauche, la favela de Vidigal, et tout au fond la Piedra de Gávea, fameuse paréidolie.

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Quoi de mieux que l'eau (ou le jus) d'une noix de coco verte pour se désaltérer après des heures de marches ! A 1,60 euros, il ne faudrait surtout pas se gêner !

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(Ipanema, Rio, septembre 2014)

27/09/2014

Les quartiers historiques et d'affaires de Rio : Centro et Lapa

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Cet obélisque (du 19e siècle!) se trouve tout au bout de l'Avenue Rio Branco, l'axe principal du quartier "Centro". Au-delà, en bordure de l'Anse de Gloria, on trouve l'aéroport Santos Dumont,  le Musée d'Art Moderne (MAM), ou bien encore le Mémorial de la Seconde guerre mondiale dont on aperçoit (à droite de l'image) le monument le plus haut.

Au fond, le Pain de Sucre...

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Le métro de Rio (41km, 2 lignes et 35 stations) est l'un des moyens les plus pratiques pour se rendre depuis Copacabana ou Ipanema jusqu'au centre-ville.

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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L'église Notre-Dame de Candelária, datant de 1775, est l'une des plus luxueuse de Rio. Contrairement à la tradition portugaise (où le bois prévaut), elle est généreusement décorée de marbre polychrome.

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Le Palais (Paço) Impérial, édifié à l'origine (en 1743) pour être la Résidence du Gouverneur, abrita le Roi du Portugal et sa cour à partir de 1808...

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C'est dans l'ancienne cathédrale N.S do Carmo de Antiga Sé (1761), de pur style baroque portugais, que fut couronné en 1822 Pedro Ier, le premier roi du Brésil...

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Le Palácio Tiradentes (1926) a abrité le Congrès du Brésil jusqu’à 1960, date à laquelle la capitale fut transférée à Brasília. C'est aujourd'hui la Chambre des députés de l’État de Rio.

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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A peine à 500 mètres de la longue et moderne Avenue Rio Branco, on trouve l'étonnant Cabinet Royal de Lecture. Inaugurée en 1887, cette superbe bibliothèque accueille 35 000 livres anciens, dont de rares manuscrits du 16e.

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Tant la façade que l'intérieur de l'édifice (de style manuélin) sont surprenant !

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Si l'on tient bien compte des recommandations des guides, des sites internets et autre dépliant touristique, il ne fait pas bon de découvrir le centre-ville de Rio dès la tombée de la nuit, ni d'ailleurs tout au long du weekend !

De quoi un peu plomber l'ambiance... et interférer évidemment sur le ressenti de la visite.

Je n'ai pourtant, en toute honnêteté,  pas trouvé beaucoup de charme à l'ancienne capitale, tout au moins en son centre-ville, qui ne dépasse pas en surface les 2km². Il y a bien sûr ci et là quelques églises ou édifices intéressants, ainsi que de charmantes rues bordées de constructions "coloniales" colorées, mais le tout est souvent malheureusement noyé au milieu d'immeubles modernes sans charme aucun.

Il ne s'agit pas d'un centre-ville où les gens aiment à venir flâner, mais seulement pour vaquer à leurs obligations...

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L'avenue Rio Branco

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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La Cathédrale Presbytérienne de Rio

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Sur un petit monticule, face à la station de métro Carioca, s'élève l'église et le couvent Saint Antoine ainsi que l'Eglise Saint François "de Penitência". Cette dernière, peut-être l'une des plus richement décorée du Brésil, était malheureusement fermée.

Les différentes constructions sur cette butte datent du tout début du 17e siècle.

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L'intérieur de l'église Saint Antoine

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Le "Teatro Municipal", inspiré de l'Opéra Garnier, date de 1909

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L’église Saint-François-de-Paul

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"L'aqueduto da Carioca" ou "Arcos da Lapa" relie sur 270 mètres les quartiers de Lapa et de Santa Teresa. Cet ancien aqueduc, dont la construction remonte à 1750 (il transportait alors l'eau de la rivière Carioca jusqu’au centre-ville), fut modifié en 1896 pour pouvoir supporter le Bonde (ou Bondinho), un tramway qui faisait la fierté de Rio.

Malheureusement, suite à un accident mortel en 2011, cette ligne pittoresque a été fermée et n’est toujours pas à ce jour ré-ouverte....

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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Au milieu d'un entrelacs de grande avenues (qui ont de l'allure et dont les trottoirs sont pavés comme souvent à Rio) apparait l'étrange Cathédrale Métropolitaine Saint Sébastien.

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Construite entre 1964 et 1976, l'édifice se présente comme un immense cône "vide" en béton, d'un diamètre de 96 mètres et d'une hauteur de 86 mètres !

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Cette impressionnante cathédrale peut contenir jusqu'à 20 000 fidèles...

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

23/09/2014

Le Pain de Sucre (Pão de Açúcar) de Rio de Janeiro

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Le Pain de Sucre, depuis la plage de Botafogo

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Un premier téléphérique vous transporte au sommet du Morro da Urca, à 217 mètres de hauteur ; il est possible de faire cette ascension à pied, depuis un sentier qui part de la petite plage de Vermelha. 

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La baie et la plage de Botafogo depuis le "morro"(colline) de Urca

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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La plage de Vermelha

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Au premier plan, le quartier et la petite plage d'Urca.

Au fond, les plages de Botafogo (à gauche) et de Flamengo (à droite)

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Les avions en approche de l'aéroport Santos Dumont passent bien en-dessous du Pain de Sucre...

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Quand on évoque Rio de Janeiro à quelqu'un qui n'y a jamais mis les pieds, seul généralement quatre noms viennent à l'esprit : le Pain de Sucre, le Corcovado (sur lequel est perchée la statue du Christ Rédempteur) et les plages d'Ipanema et de Copacabana !

_0001315.jpgCe sera donc une grande partie de mon programme pour ces 3, 4 jours passés chez les Cariocas, nom que l'on donne au habitants de cette ville qui fut la capitale du pays jusqu'en 1960, date à laquelle le pouvoir fut transféré à Brasília...

Le Mont du Pain de Sucre, ou tout simplement Pain de Sucre ("Pão de Açúcar" en portugais) est un bloc monolithique de granit qui s’élève à 396 mètres de hauteur à l'entrée de la Baie de Guanabara.

L'origine de son nom n'est pas arrêtée, même si sa forme ressemble évidemment au pains de sucre que l'on a obtenu durant des siècle grâce à des moules en bois (photo ci-contre). Les indigènes le nommait en langue tupi-guarani "Pau-nh-acuqua", que nous pourrions traduire par "grande colline". Enfin, au 16e siècle, come le prouve cette carte, cette peninsule qui était alors une île proche du rivage porte le nom de "pot de beurre" ! A chacun maintenant de faire son choix... 

Rio-France-Antarctique.jpgLe premier téléphérique fut achevé en 1912 ; c'est alors le premier du pays et le troisième au monde! Les premières cabines, construite partiellement en bois resteront en service jusqu'en 1972. La troisième génération de cabines sera mise en place en 2009...

Si l'on a qu'une seule occasion de monter au Pain de sucre, je pense que tôt le matin reste la meilleure solution (on a le soleil dans le dos, peu de touriste, et donc pas trop d'attente) et les vues sur la ville sont magnifiques.

Il reste aussi bien sûr aussi la solution de s'y rendre en fin de journée, quand Rio commence à s'illuminer...

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Un second téléphérique mène du Morro d'Urca au Pain de Sucre.

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Au loin, la plage de Copacabana

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A six kilomètres (à vol d'oiseau!) de là, du haut de son piton de 710 mètres de haut, le fameux "Christ Rédempteur" nous surveille !

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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Cinq kilomètres toujours, mais cette fois plus au nord, on découvre les buildings du "Centro".

Étrangement, depuis le Pain de Sucre, les immeubles de bureaux se trouvant derrière la Cathédrale Saint-Sébastien (l'espèce de cheminée conique !) forment comme une croix !!!

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Le ouistiti commun est un habitué des lieux. Il ne faut évidemment pas le nourrir, ce dont les guides se fichent bien, le pourboire des touristes passant avant tout...

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Ce sont ces ouistitis espiègles, aux faux airs de gremlins et spécialistes de Capoeira (un art martial afro-brésilien), qui apparaissent dans les dessins animés "Rio" et "Rio 2"...

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Au loin, une favela à flanc de colline...

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Et toujours Copacabana !

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

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Le Musée des Sciences de la Terre sur l'Avenue Pasteur qui mène vers le quartier de Botafogo.

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Le petit port de pêche d'Urca

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Le Corcovado s'élève derrière la plage de Botafogo

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Comme un peu partout en bord de mer, des agrès sont à la disposition (gratuite) des plus sportifs !

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Le téléphérique entre le "Morro da Urca" et le "Pão de Açúcar".

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(Rio de Janeiro, septembre 2014)

15/09/2014

Rio, l'unique capitale européenne hors d'Europe (de 1808 à 1821)

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(Le Palais Impérial, Rio de Janeiro, septembre 2014)

 

Rio de Janeiro à de particulier qu'elle fut la seule et unique capitale européenne... hors d'Europe.

En effet, chassée par les troupes napoléoniennes en 1807, la cour se réfugie dès 1808 à Rio de Janeiro et fait de cette ville la nouvelle capitale du "Royaume uni de Portugal, du Brésil et des Algarves". Elle le restera jusqu'en 1821, soit bien après la chute de Napoléon en 1815 .

En 1821, face aux crises qui secouent le Portugal, le Roi Jean VI est contraint de retourner en Europe. Il laisse alors les clés du Brésil au Prince régent, son fils Pierre.

Ce dernier, devant la montée des mouvements révolutionnaires et la menace des troupes coloniales, doit choisir entre la loyauté à son père et les intérêts du Brésil : il opte pour l'indépendance.

Pierre Ier devient en 1822 le premier empereur du Brésil...

14/09/2014

Rio (Henriville), capitale de la France Antarctique

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Bon, je l'admet, le titre de ce post est provocateur et un brin réducteur !

Mais si la France Antarctique n'avait pas été un échec, Rio de Janeiro s'appellerait peut-être aujourd'hui Henriville, et on parlerait français dans tout le Brésil !

***

La Baie de Guanabara, bien que découverte en 1502 par des marins Portugais, était avant tout un territoire contrôlé par les indiens Tamoyos, faisant parti d'un ensemble plus vaste de tribus Tupi (ou Tupinambas).

Ces derniers étaient loin d'êtres des anges (guerriers hors pair mais aussi cannibales à leurs heures) et les Portugais se contentèrent longtemps de seulement longer les côtes et d'y faire un peu de commerce.

Ce début de 16e siècle est pour le moins tourmenté : les Espagnols et les Portugais, qui possèdent les flottes les plus puissantes, se sont partagés unilatéralement le Nouveau Monde en 1494 (le fameux traité de Tordesillas!), et avec la bénédiction du Pape !

Les Français, Les Anglais ou bien encore les Hollandais se voient alors refuser tout droit sur ces nouvelles terres !

François Ier, qui ne digère pas les termes de ce traité, envoie dès 1523 plusieurs expéditions sur les côtes brésiliennes. En 1555, avec l'appui d'Henri II (et de sa favorite, Diane de Poitier), le vice-amiral de Villagagnon quitte la France pour aller fonder la France Antarctique. Il choisit la baie de Guanabara et y construit le Fort Coligny (sur une île qui abrite désormais l’École Navale et qui jouxte l’aéroport national Santos Dumont, construit sur des terres gagnées sur la mer).

Puis Villagagnon s’attelle, dès 1556, à l'installation de sa petite colonie, forte d'environ 600 Français, sur la terre ferme, aux alentours de l'actuelle Plage de Flamengo.

Il la baptise alors "Henriville", nom quelle portera quelques années avant de devenir... Rio de Janeiro!

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La plage de Flamengo, aux abords de laquelle fut fondée Henriville. A moins de 2km de là, à droite de l'aéroport Santos Dumont, on trouve la petite île de Villagagnon ou avait été édifié le Fort Coligny.

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Si les Français semblent mieux s'y prendre avec les populations indigènes que ne le faisaient les Portugais, c'est la religion qui, une fois de plus, va apporté son gros grain de sable : Villagagnon accepte en effet sans rechigner la venue de nouveaux colons d'obédience calviniste. Il ne sait pas encore que ceux-ci cherchent en fait de nouvelles terres pour y installer les protestants en exil.

Villagagnon ne désire pas rompre avec le catholicisme et la situation dégénère vite entre les deux obédiences. Ce sont là parmi les prémices des guerres de religions qui vont déchirées la France (et l'Europe) pendant près de 40 ans !

En moins de quatre ans, la toute jeune colonie s’effondre avant d'être finalement anéanti en 1560 par la marine portugaise.

C'en est définitivement terminé des rêves d'une France Antarctique...

Cette conquête "manquée" est la trame du fameux roman Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin, prix Goncourt en 2001.

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Afin de mieux comprendre les quelques posts qui suivront, voici une carte de la ville indiquant les principales "attractions" de Rio :

En bleu, de gauche à droite : Le Pain de Sucre, Le Centro et Lapa (la vieille ville en quelque sorte), Le Corcovado (et la statue du Christ Rédempteur), le stade Maracanã, le Jardin Botanique et la Forêt de Tijuca.

En rouge, les quartiers plus "modernes", dont chacun donne son nom à la plage qui le borde (dont les deux plus fameuses sont Copacabana et Ipanema).

11/09/2014

Au Brésil, entre Rio et Paraty

Je suis pour quelques jours au Brésil ; quelques posts dès mon retour...

pat lexpat

(Rio de Janeiro, septembre 2014)

25/06/2014

Retour à San Pedro (jour 4)

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(Sud Lipez, mai 2014)

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Nous nous arrêtons près d'un 4X4 en difficulté. Enfin, le mot est faible : le chauffeur a carrément démonté son essieu et attend une aide plus "conséquente" !

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Nous croisons également pas mal de poids lourds qui remontent, sur ces pistes sablonneuses, vers le nord...

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(Sud Lipez, mai 2014)

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Ce dernier post va vous paraitre un peu tristounet après la débauche de lagunas et de salars des jours précédents ! Mais je me devais de l'écrire...

Il faut dire qu'il s'agit uniquement, en cette dernière demi-journée, de rallier le plus rapidement possible la frontière boliviano-chilienne (ce qui est bien évidemment le souhait des agences et pas nécessairement le notre !).

Les haltes seront donc ad minima !

Quand nous quittons Villa Mar, il fait aussi nuit que quand nous y sommes arrivés. La nuit à été courte et fraîche, mais supportable. Après le réveil, à cinq heures du matin, et un frugal petit déjeuner, nous attaquons les pistes qui, après un peu plus de 200 kilomètres, nous ramèneront à notre point de départ, San Pedro de Atacama.

Nous ne savons plus vraiment à quelle altitude nous voyageons ; 3 700, 4 400, 4 900 ?, peu nous importe en fait : après trois jours de voyage, nous sommes maintenant "dedans" ; rien ne nous gêne ni ne nous étonne plus...

 

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Après une centaine de kilomètres, nous retrouvons les "thermes" de Polques, croisés le premier jour ; pas le temps de se baigner cette fois, c'est juste un arrêt "technique" !

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A peine cinq cents mètres après les thermes, un nouvel arrêt technique ; celui-ci n'est pas vraiment prévu : nous venons juste de déjanter ! Nous repartirons trente minutes plus tard...

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(Sud Lipez, mai 2014)

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Nous apercevons, au détour de la piste, le Licancabur ; nous savons que derrière lui nous attends le Salar d'Atacama et donc la fin, cette fois "concrète", de ce merveilleux voyage...

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(Sud Lipez, mai 2014)

24/06/2014

Colchani et Uyuni (jour 3)

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(Colchani, mai 2014)

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Seule une rue du village est animée : elle reçoit d'ailleurs probablement tous les touristes qui viennent visiter le salar.

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(Colchani, mai 2014)

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Les autres rues sont déserte et pour le moins décrépies !

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Une cagoule traditionnelle de défilé...

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Nous avions parcouru à l'aube près de 60 km pour rejoindre au beau milieu du Salar l'Ile Inca Huasi, et au moins autant au cours de la matinée pour arriver jusqu'à l’hôtel de sell près du monument commémoratif du Dakar ; le tout bien-sûr entrecoupé de nombreux arrêts pour profiter du paysage et prendre un tas de photos.

De là, il ne nous restait plus qu'une petite dizaine de kilomètres pour quitter l'immaculé et majestueux désert et rejoindre Colchani, un petit bourg de 500 habitants où était prévue notre halte déjeuner.

Ce village n'a définitivement aucun charme (sauf pour les fans de ruines, en sel ou en pisé), et rares sont les touristes à pousser plus loin que l'unique rue où se concentrent quelques gargotes et de nombreux stands de souvenirs.

Ici, mis à part la récolte du sel, l'unique industrie reste le tourisme. Même les trois ou quatre lamas ne trouvent rien à manger dans cet environnement inhospitalier où, parce qu’il  gèle la nuit pratiquement tout au long de l'année, rien ne pousse !

***

Après le déjeuner, nous prenons la direction d'Uyuni, la ville qui marque en quelques sorte la fin de ce voyage ; c'est en effet souvent là que les voyageurs choisissent un autre chemin : certains, comme moi, retournent au Chili, alors que d'autres poursuivent en bus jusqu'à Sucre, Potosi ou La Paz (en Bolivie), ou bien poussent jusqu'à la frontière argentine, 300km plus au sud.

Uyuni, fondée en 1890, a peut-être eu son heure de gloire, au milieu du siècle dernier, quand elle était le principal nœud ferroviaire du pays. Puis elle a décliné, tout comme le chemin de fer, avant de reprendre quelque couleur grâce au tourisme. Si la ville semble très pauvre (surtout quand on vient du Chili), elle a cependant un certain charme dû en partie (comme dans toute la Bolivie) à la singularité de ses habitants, de leur physique et de leur style vestimentaire...

***

Je n'aurais qu'un regret en quittant Uyuni, c'est d'être passé si près des deux plus belles ville de Bolivie : Potosí ne se trouve en effet qu'à 150 km de là, et Sucre 150km encore un peu plus loin.

Ces deux cités coloniales (classées au Patrimoine Mondial de l'Unesco), fondées au tout début du 16e siècles, ont parait-il gardé leur extraordinaire cachet. Potosí, qui s'est développée grâce aux mines d'argent était au 17e siècle, avec Mexico, la ville la plus peuplée d'Amérique Latine !

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(Uyuni, mai 2014)

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Peut-être les deux seuls bâtiments de la ville à avoir une certaine classe !

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(Uyuni, mai 2014)

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Les encadrements de porte ne sont pas nécessairement adapté aux plus grands !

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L'après-midi se termine généralement par la visite du Cimetière de trains d'Uyuni, d'un intérêt très relatif, sauf pour les fanas de locos !

Nous reprendront ensuite la route plein sud pour aller retrouver, alors que le soleil s'est lui déjà couché, notre troisième et dernier gîte...

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(Uyuni, mai 2014)

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(Uyuni, mai 2014)

22/06/2014

Le Salar D'Uyuni (jour 3)

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(Salar d'Uyuni, mai 2014)

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L'Isla Inca Huasi

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L'Isla Pescado, elle aussi fameuse, se trouve encore un peu plus loin à l'intérieur du salar, à 20 km à l'est de celle d'Inca Huasi...

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(Salar d'Uyuni, mai 2014)

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La nuit fut bien plus confortable que la veille, même si j'ai moins aimé le réveil à l'aube (et sans petit-déj), juste pour sacrifier au sempiternel "lever de soleil" sur "quelque chose" !

On charge les 4x4 dans la nuit et le froid, et c'est un peu comme dans un rêve qu'après 20 km de piste nous entrons dans le salar. Un peu comme dans un rêve encore que nous filons maintenant à vive allure, tout droit, dans le noir total ! Il n'y a plus de route et aucune lumière ! La voiture semble voler vers l'inconnu, à 3670 mètres d'altitude...

Au bout d'un moment, je fini par distinguer sur les côtés, très loin, d'autres phares qui se dirige, tout comme nous, quelque part vers le centre du salar.

Aux abords de la petite Isla Inca Huasi, à 40 kilomètres des berges que nous venons de quitter, les 4x4 se garent enfin sagement et larguent leurs touristes qui, à peine plus réveillés, grimpent au petit jour à travers les cactus jusqu'au sommet de la petite île de 800 mètres de long...

Le soleil se lève enfin sur celui qui ne fut qu'un rêve durant tant d'années : le fameux Salar d'Uyuni

***

Ce dernier est tout bonnement le plus grand désert de sel du monde ; une immensité étincelante d'environ 140 sur 90 kilomètres (soit une superficie plus grande que la Corse !)

Il y a 15 000 ans, le paléolac Tauca, qui recouvrait toute la région, atteignait son niveau maximum. Puis il y eu un réchauffement (déjà !) et les glaciers commencèrent à reculer. L'immense lac s’assécha au fil des siècles, laissant place au Salar d'Uyuni (environ 12 000 km²), à celui de Coipasa (environ 2 200 km²) et à deux lacs, le Poopó (2 000 km²) et l'Uru Uru (260 km²).

Si il est assez aisé (merci Google Earth) de vérifier les distances et donc les superficies, c'est un peu plus compliqué quand il s'agit de la profondeur. On parle pour le salar d'Uyuni de 2 à 120 mètres avec une moyenne de 40 mètres.

Le salar est formé d'une succession (9, 12 ?) de couches de sel et de sédiments lacustres. Il existe des lacs de saumures sous la surface et certaines résurgences de cette eau souterraine finissent parfois par traverser la croûte superficielle de sel et  former des Ojos de agua (ou ojos del salar).

le Salar d'Uyuni recèlerait pas moins de 10 tonnes de Lithium exploitable, soit un tiers des ressources mondiales ! Toutefois, il faut minimiser ces quantités astronomiques (et pas toujours vérifiables), car une exploitation ici serait bien plus compliqué que dans le Salar d'Atacama dont les saumures sont plus concentrées et le climat bien plus sec. D'autre part, cela impacterait dramatiquement l’environnement dans la région et, par ricochet, le tourisme (voir ici, sur YouTube cet excellent documentaire récent du Dessous des cartes : "La fable du lithium et de la Bolivie")

Richesses minières mise à part, on extrait également du sel alimentaire à raison de 25 000 tonnes par an ; une goutte d'eau comparé aux dizaines de milliard de tonnes que compte le gisement !

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Une quinzaine de 4X4 bien alignés attendent les touristes qui prendront leur petit-déjeuner seulement après avoir admiré le lever du soleil depuis le sommet d'Inca Huasi !

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Plusieurs semaines par an, durant l'été austral (soit entre décembre et mars, mais parfois jusqu'en mai) le salar est en partie recouvert de 10 à 30 cm d'eau. Il se transforme alors en un miroir géant offrant des images surnaturelles (comme ci-dessous, photo du Net). Par contre, si il y a trop d'eau, cela peut vite devenir un enfer pour les véhicules et risque de limiter votre visite...

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(Salar d'Uyuni, mai 2014)

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C'est à cause de ces pluies annuelles que le salar reste parfaitement plat...

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On parle souvent d'hexagones qui se forment à la surface quand l'eau de pluie fini par s'évaporer, mais on trouve également sur le salar des pentagones ou autres heptagones et même, plus rarement, des carrés !

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En 2014, la Bolivie accueillait pour la première fois deux étapes du Dakar. L'une d'entre elles s'est déroulée à Uyuni le 12 et 13 janvier ; ce sera de nouveau le cas lors de l'édition 2015 !

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Il y a plusieurs "hôtels de sel" au bord du salar. Pour des raisons environnementales, ceux situés à l'intérieur ont été désaffectés. Celui-ci a été transformé en musée...

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Ma petite photo souvenir !

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Et les derniers clichés (dans les deux sens du terme), avec mes compagnons d'un jour !

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(Salar d'Uyuni, mai 2014)

14/06/2014

Lipez (jour 2) : Arbol de Piedra, lagunas altiplanicas, San juan Necropolis

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(Mai 2014)

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Pour ma part, ce ne fut définitivement pas une douce nuit ; il faut dire que coincé dans mon duvet avec cinq couvertures jetées par-dessus, c'est pas vraiment ce que l'on appelle "la cocooning attitude" !

Durant la rude nuit, le point d'eau dans la cour a (lui aussi !) gelé...

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Nous prenons la route après un frugal mais tellement bienvenu petit-déjeuner, pour nous retrouver, à peine dix sept kilomètres plus loin, à l'"Arbol de Piedra" (l'arbre de pierre).

Comme tous les 4x4 ont quitté les refuges au même moment que nous (ou vice et versa !), c'est donc groupé que nous nous retrouvons autour de ces formations géomorphologiques du désert Siloli, dont la star est le fameux "Arbol de piedra"(ci-dessous).

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(Mai 2014)

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Ou l'on découvre aussi les aléas du voyage... et efficacité de nos chauffeurs-guides !

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La llareta (yareta, ou encore azorella compacta) est l'un des rares végétal qui pousse dans la puna, entre 3200 et 5000m. Cette plante a la particularité de ne croître que de 1 à 5mm par an, et certains spécimens sont âgés de près de 3000 ans !

Longtemps utilisé comme "bois" de chauffage, cette plante hermaphrodite est maintenant largement protégée, et sa population a pour le moment cessée de régresser.

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Et voici les peu farouches viscaches des montagnes, rongeurs cousins du chinchilla. Accoutumées au passage quasi quotidien des 4x4, elles acceptent volontiers un quignon de pain ou un morceau de fruit...

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Cette seconde journée nous conduit, sur plus de 200 kilomètres, jusqu'à notre "hôtel de sel" près du Salar d'Uyuni. Nous nous arrêtons de nombreuses fois en bordure de petites "lagunas altiplanicas" (Honda, Cañapa, Hedionda) qui se trouve assez proche les unes des autres.

Nous passons doucement, sans bien sûr nous en rendre compte, du "Sud Lipez" au "Nor Lipez"...

Comme nous voyageons en groupe et que le programme est totalement "bordé", il reste peu de place pour l'improvisation et les arrêts "surprise" (et on ne peux décemment pas souhaiter crever tous les quarts d'heure !).

Ce sont pourtant de somptueux paysages que nous découvrons tout au long de ces kilomètres de pistes (bien à l'abri du froid et de la poussière derrière les vitres de notre 4x4), et que je ne peux malheureusement pas vous restituer en photo...

De toute façon, je souhaiterais m'arrêter si souvent que nous ne serions pas près d'arriver pour le diner !

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La Laguna Honda

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Un flamant de James

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Pour le déjeuner, ce sera pique-nique au bord de la Laguna Cañapa !

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Petite halte entre le volcan Tomasamil (en haut) et le volcan Ollagüe (en bas) dont s'échappe une fumerole. Ce dernier, dont la dernière éruption remonterait à 1000 ans, est situé sur la frontière entre la Bolivie et le Chili...

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Une improbable voie de chemin de fer traverse le salar de Chiguana. On imagine d'un côté la gare d'Ollagüe (à 40 km de là, côté chilien) et de l'autre celle d' Uyuni (à 150 km).

Cette ligne, si elle n'est pas régulière, ne semble pas non plus totalement désaffectée, preuve en est ces touristes qui ont emprunté ce tronçon en 2011 (voir ICI)

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Notre dernière visite de la journée est consacrée à la Nécropole de San Juan de Rosario.
Sur une petite colline à moins d'un kilomètre du village se trouvent réunies des dizaines de "chullpas" rudimentaires faites d'un amas de roches sédimentaires (stromatolithes ?).

Les explications de notre chauffeur nous laissent perplexe (surtout moi !) : il nous parle de tombes en corail fossilisé qui se trouvaient telles quelles sur la colline, et qui ont été ensuite creusées (?) ; les bon mécanos ne font pas nécessairement de bon guides...

Je ne m'aventurerais pas plus avant dans de grandes explications sur les origines de ces sépultures destinées aux "seigneurs de Lipez", un terme archéologique suffisamment neutre pour ne froisser personne.

Les seules certitudes (!) que nous ayons, c'est la datation (environ 1200 à 1500 après JC, soit peu avant l’expansion Inca dans la région), ainsi que l'origine Aymara des défunts. Ces dernier étaient inhumés entourés de nombreux artefacts (poteries, tissus, outils) que l'on peut observer in situ ainsi que dans le petit musée adjacent.

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La nécropole pré-inca de San Juan

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C'est en fin d'après midi que nous rejoignons notre "Hostal de Sal", qui comme son nom l'indique est construit en parpaing découpés à même le salar (comme pour les bâtiments aux Salinas Grandes, au nord de l'Argentine).

Le lieu est nettement plus confortable que la veille ; il y a des chambres de deux et des douches avec eau (presque) chaude. Mieux vaut bien récupérer, car le réveil est annoncé pour 5h00 !

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(Hostal de Sal "Tambo Loma", Villa Martin, mai 2014)

12/06/2014

Lipez (jour 1) : La Laguna Colorada

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(Mai 2014)

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 Nous arrivons en fin d'après-midi à notre refuge, qui se trouve à quelques dizaines de mètres de la Laguna Colorada. Les dortoirs, tout comme les 4X4, sont prévus pour 6 personnes (efficacité oblige). Le confort est plus que modeste : sommier en pierre et chauffage... dans nos rêves ! La nuit risque d'être rude !

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Nous découvrons aussi que nous ne sommes pas seuls : il y a autour de nous 6 ou 7 autres refuges, également construit en forme de U afin de se protéger du vent...

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(Mai 2014)

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Nous reprenons la "camioneta" (comme on dit par ici) pour rejoindre un meilleur point de vue...

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La Laguna Colorada se trouve au nord de la réserve nationale Eduardo Avaroa. Nous ne sommes qu'à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Chili que nous longeons, peu ou prou, depuis notre départ.

Si ce lac salé est plutôt grand (environ 10km sur 5km), sa profondeur moyenne n’excède pas les 35 centimètres !

La coloration marron-rouge-orangé de ses eaux est due à des sédiments de couleur rouge et aux pigments de certains types d'algues qui y vivent. Ces tons, comme pour la Laguna verde changent en fonction de la saison, du climat et de l'heure du jour.

Nous sommes ici à 4 278 mètres d'altitude...

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Flamant de James

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(Mai 2014)

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La lagunes est un lieu de reproduction privilégié pour les flamants des Andes que l'on dénombre ici par milliers.

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(Mai 2014)

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La Laguna Colorada est également réputé pour sa forte concentration en borax qui est un "sel", et qui en a donc aussi la couleur.

Ce minerai, exploité dans d'autres parties de l'Altiplano, est utilisé dans de nombreuses industries : celle du verre (pour fabriqué le pyrex par exemple), la métallurgie, le nucléaire, etc...

Il entre aussi dans la composition d'insecticides et a des propriétés détergentes et antiseptiques !

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Un flamant de James.

Je n'avais pas pris de télé-objectif pour ce voyage, et je l'ai regretté à de nombreuses occasions !

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La Bolivie est l'un des pays ayant le plus de superficie déclarée en "site RAMSAR", avec près de  80 000 km2, soit près de 7 % de son territoire (presque deux fois la superficie de la Suisse !)

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(Mai 2014)

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10/06/2014

Lipez (jour 1) : Lagunas Verde et Blanca, Desierto Dali, Polques et Sol de Mañana

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Après avoir passé le poste frontière chilien (juste à la sortie de San Pedro), nous nous rendons à bord d'un van vers le poste bolivien qui se trouve lui à une cinquantaine de kilomètres de là, au pied du Licancabur, et à 4 480 mètres d'altitude !

Les formalités effectuées, je découvre mon 4X4... ainsi mes nouveaux compagnons de route : je voyagerai avec deux jeunes australiens, un couple de non moins jeunes allemands et une française d’à peu près mon âge... (jeune aussi, donc :)

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La Laguna Blanca

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Dix kilomètres après la frontière, nous faisons notre premier arrêt afin de découvrir nos deux premières "lagunas" ; nous ne sommes évidemment pas les seuls !

Bien que les lacs salés "Blanca" et "Verde" ne soient séparées que par un détroit large de quelques dizaines de mètres, elles sont pourtant totalement différentes : la "Blanca" est la plus grande (environ 5 km de long) et la moins profonde, avec 50 cm d'eau en moyenne ; la "Verde" est plus petite (3,5 km de long) mais avec une profondeur de plusieurs mètres.

Ce qui caractérise surtout cette dernière (et qui lui a donné son nom), c'est sa couleur due à une étonnante concentration de minéraux qui ne donne pas vraiment envie de s'y baigner : carbonate de plomb, cuivre, souffre, arsenic et autre magnésium ! 

Le moment idéal pour admirer les reflets verts de l'eau semble être à la mi-journée, mais notre guide nous apprend que c'est aussi en fonction du vent (ni trop, ni trop peu).

Ce sera pour nous aujourd'hui plutôt bleu-turquoise !

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Flottant sur l'eau peu profonde de la Laguna Blanca, du sel, mais aussi de la glace...

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Les deux lagunes, le détroit et quelques touristes !

Nous sommes à 4 300 mètres d'altitude.

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La Laguna Verde

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La majesté du Licancabur (5 960 mètres) apporte sa touche à la composition...

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Nous sommes entrés, depuis la frontière, dans la Réserve Nationale Eduardo Avaroa qui s'étend sur 7 000 km², soit la taille d'un grand département français !

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Nous traversons le Désert de Dali (4 750 mètres) du nom de ses nombreux rochers qui semblent posés ici et là.

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Un Lycalopex culpaeus (ou Pseudalopex culpaeus) plus communément appelé renard de Magellan ou renard des Andes. On le trouve uniquement dans la Cordillère, de l’Équateur jusqu'à la Terre de Feu...

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(Mai 2014)

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Il n'y a bien souvent aucune piste "marquée", et chaque 4x4 prend le chemin qui lui plait !

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Les Thermes de Polques se trouvent au bord de la Laguna Chalviri, mais également (quel étrange hasard !) au bord de la piste : eh hop, c'est parti pour un petit bain à 28-30°...

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(Mai 2014)

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Si si, je suis dans l'eau !

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Environ trente kilomètres plus loin, nous nous sommes de nouveau témoins de l'intense activité volcanique de la région ; mais la puissance est cette fois montée d'un cran ! Le bruit des geysers est impressionnant, tout autant que le sont ces mares de boues bouillonnantes !

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Vous ne serez peut-être pas très surpris d'apprendre que Sol de Mañana se trouve à l'est du complexe volcanique "Cerros Tocorpuri" (qui marque la frontière entre la Bolivie et le Chili), et qu'à seulement 30km de là, en bas du versant ouest, se trouvent les fameux Geysers del Tatio, dont je vous parlais il y a de ça quelques jours !

J'avais d'ailleurs dans mon post cautionné que les Geysers del Tatio étaient les plus hauts du monde (ce dont se targuent les Chiliens), alors que nous sommes ici à 4 850 mètres d'altitude, soit 570 mètres plus haut ! Comme quoi il ne faut vraiment ne faire confiance à personne...

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Je post cette vidéo pas très géniale (je le sais, c'est moi qui l'ai faite !) mais heureusement très courte, juste pour vous donner une idée du vacarme ambiant !

 

 (Sol de Mañana, mai 2014)

07/06/2014

Le Sud et le Nor Lipez, Uyuni (le pitch)

Cela pourra vous sembler paradoxal, mais San Pedro de Atacama, dont je viens de vous faire partager dans ces quelques posts l'étonnante diversité des paysages, n'était pas en réalité le but ultime de mon voyage !

Il y a cinq ans, je me baladais en effet dans le sud du Pérou (de Lima au Lac Titicaca, en passant par Nazca, Arequipa et Cuzco) et je n'avais pu faire, par manque de temps, qu'une brève incursion en Bolivie (à Tiwanaku, La Paz et en Amazonie, à Rurrenabaque).

Je m'étais promis de revenir un jour afin de découvrir cette fois le sud de la Bolivie, Le Lipez et le légendaire Salar d'Uyuni. Je ne savais pas à ce moment là, bien évidemment, que je viendrais m'installer quelques années en Argentine, ce qui a sans aucun doute largement facilité les choses !

C'est maintenant chose faite, le rêve est accompli, et je vais dans les quatre ou cinq prochains articles vous raconter en image les quatre jours de ce petit périple.

 

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Depuis San Pedro de Atacama, on se dirige plein nord : on traverse d'abord le Sud Lipez (jour 1), puis le Nor Lipez (jour 2) jusqu'à Uyuni (jour3).

La matinée du jour 4 se résume essentiellement au retour vers San Pedro.

(Les nuitées sont indiquée en bleu)

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Vous trouverez peut-être qu'à la longue ces paysages finissent par lasser ; encore et toujours ces salars, ces lagunes, ces sources d'eau chaude, ces pistes et ces flamants. Pourtant, ce voyage dans l'Altiplano à une saveur bien particulière pour les (principales) raisons suivantes :

- On ne peux faire ce voyage qu'en 4X4. Exit donc les mini-vans et autre bus.

- On est dans un groupe (6 maximum) avec qui l'on partage la route, les repas et les nuitées, ce qui créé inévitablement des liens et une certaine complicité. Le chauffeur-guide-cuisinier est bien évidemment un élément clé de cette éphémère communauté.

- Enfin, les conditions climatiques sont parfois difficiles (les nuits au dessous de 0°, l'altitude au-delà de 4000 mètres), les repas modestes et les hébergements plus que sommaires.

Bref, on ne viens pas ici juste pour se promener quelques heures : on choisi le pack dans son ensemble, pour le meilleur et pour le pire (froid, mots de tête, contrariétés, etc...) ; tout ce qui rend, en fin de compte, ce périple inoubliable !

Je ne vais toutefois pas vous mentir : ça bouchonne aussi parfois à ces altitudes, et il arrive aasez souvent que l'on se retrouve à dix 4X4 au même endroit ; cela aussi fait aussi parti du deal...

 

 

Le flamant ("flamenco" en espagnol, "flamingo" en anglais)

Les animaux, pas plus que les végétaux, ne se bousculent à ces altitudes, et ce sont généralement les élégants flamants qui nous apportent une touche de vie... et de couleur !

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Il existe au monde six espèces de flamants. La plus répandue est le flamant rose que l'on trouve en Afrique, en Asie, et bien sûr en Europe.

Trois de ces espèces ne se trouvent qu'en Amérique du Sud (Pérou, Bolivie, Chili ou Argentine) :

- le flamant de James : au pattes rouges et au bec très jaune

- le flamant des Andes : aux pattes jaunes et au bec largement noir

- le flamant du Chili : pattes grises et articulations roses, au bec rosé et noir

De vous à moi, à partir de 100 mètres, on dit tout simplement "flamant" :) 

 

Des prix fous !

Les prix fous, c'est dans les deux sens ! D'une part du côté chilien, où l'on abuse sans vergogne du touriste, et d'autre part du côté bolivien où c'est nous, cette fois, qui avons l'impression de "profiter" des autochtones ! Un exemple ?

 

Tour Lipez Uyuni, agence (bolivienne) Estrella del Sur, au départ de San Pedro :

4 jours - 3 nuitées - 4 petits-dej - 3 déjeuners. - 3 dîners - 700 à 800 km : 110 000 pesos chiliens (soit 150 euros)

 

Tour au Salar de Tara, agence classique (chilienne) à San Pedro :

1 jours (8h-17h) - 1 déjeuner - 250 km : entre 45 000 et 55 000 pesos chiliens (entre 60 et 70 euros)

Cherchez l'erreur !!!

05/06/2014

Les lagunas Cejar et Tebinquiche

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(Laguna Cejar, mai 2014)

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La Laguna Cejar a donné son nom à l'ensemble du site, mais c'est bien souvent dans la Laguna Piedras, très concentrée en sel, que les baigneurs vont barboter.

Ces différents points d'eau se trouvent à environ 18 km au sud de de San Pedro de Atacama, et, comme le village, à environ 2400 mètres d'altitude.

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La salinité diffère dans chacun des lacs, en fonction du type d'apport d'eau (ruisseau souterrain ou capillarité). J'ai lu tant de bêtises sur ce niveau de salinité que m'en tiendrais là !

Cependant, comme dans de nombreux lac salés (comme ICI à Siwa en 2007) j'ai pu jouer sans problème à "fluctuat nec mergitur" !

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Quant à la profondeur de ces bassins, c'est un peu comme pour la salinité, on trouve de tout sur le Net, de quelques mètres à ... 1500 mètres  (si, si , ICI, à la 14e ligne), ce qui tout simplement absurde...

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La teinte de l'eau, toujours transparente, évolue en fonction des heures du jour, de la saison et de la météo, mais toujours dans une incroyable palette de tons bleus qui  tournent parfois au vert profond...

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C'est là une une des plus sympathiques des excursions de l'après midi, qui plus est assez courte : on part de San Pedro à 15 heures et l'on y revient juste après le coucher du soleil.

Il n'y a pas beaucoup de route (de pistes salées, devrais-je dire) à faire car les sites se trouvent au maximum à 30 kilomètres du village. Il n'est cependant pas facile de s'orienter car le salar, de 80 km de long sur 30 km de large, est désespérément plat et que les panneaux indicateurs sont totalement inexistants. Les plus malins, en voitures particulières, prennent généralement "en chasse" les tours-opérateurs pour ne pas trop se perdre...

Cette excursion reste la seule occasion de nager ailleurs que dans une source à 30° ou 40°, ou dans une lagunes colorée et souvent chargée d'éléments naturels mais toxiques.

L'endroit dégage une atmosphère "bord de mer" très agréable, due sans doute au fait que les gens viennent ici plus pour s'amuser et se détendre que pour "découvrir et contempler"...

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On découvre du salar ce que les guides veulent bien nous en laisser découvrir.

Les touristes pensent par exemple que les fameux "Ojos del Salar" qu'ils visitent sont uniques, alors qu'il y en a beaucoup d'autres, dont deux d’ailleurs à moins de 500 mètres...

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On peut également se baigner dans l'un des deux "Ojos del Salar" (les yeux du salar), où l'eau est cette fois bien plus douce.

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(Ojos del Salar, mai 2014)

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(Salar de Tebinquiche, mai 2014)

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Le Salar de Tebinquiche a la particularité d'être recouvert (en grande partie) par seulement quelques centimètres d'eau ; l'occasion idéale de se prendre le temps d'une photo pour le Messie...

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Une fois n'est pas coutume : une petite photo de moi :)

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Tel un amer familier surgit le cône du volcan Licancabur dont le cratère culmine à 5 920 mètres d'altitude. (Pour démystifier un peu, il faut savoir que son versant chilien recèle encore des milliers de mines anti-personnel héritées de conflits avec la Bolivie dans les années 70 !)

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On termine l'après-midi avec un délicieux "pisco sour" (dont le Chili et le Pérou se conteste la paternité), face au soleil couchant.

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(Salar de Tebinquiche, mai 2014)

03/06/2014

Le Salar de Tara

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(Sur le chemin du Salar de Tara, mai 2014)

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Un des "monjes" (moines) de Pacana, à l'entrée du Parc National.

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Le Salar de Tara est situé à environ 4300 mètres d'altitude. Le Volcan Zapareli, dont le sommet à 5653 mètres marque la triple frontière entre le Chili, la Bolivie et l'Argentine, se trouve à moins de 20 km à vol d'oiseau !

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Les flamands n'étaient pas ce jour là au rendez-vous !

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(Le Salar de Tara, mai 2014)

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Après huit jours passés dans la région, et après surtout ma virée dans le Sud Lipez et Uyuni (que je vous raconterai dans les prochains posts), il était fatal que je commence à être un peu blasé. Cette dernière virée ne m'apportera donc rien de bien nouveau ; et même si je ne me lasse jamais de ces sublimes paysages, fussent-t-ils récurrents, il me faudra de nouveau "supporter" les diktats propres aux excursions !

Départ donc de San Pedro le matin en direction du Paso de Jama, le col qui marque la frontière avec l'Argentine. Après une centaine de kilomètres, on quitte la route parfaitement asphaltée pour un premier arrêt à l'entrée du Parc National Los Flamencos, où se trouvent quelques grands rochers épargnés par l'érosion. Les quelques véhicules qui font cette excursions ce jour là se retrouvent tous, comme de bien entendu, au même endroit. C'est cette fois par une piste, sur une trentaine de kilomètres, que lon arrive à notre second arrêt. Celui va durer au moins deux heures, puisqu'il s'agit de rejoindre à pied le bord de la lagune (à environ trois kilomètres) ou nous retrouverons notre guide-chauffeur parti préparer le déjeuner. Cette ballade sera l'un des rares moments sympa de la journée...

Toutes les voitures se retrouvent donc de nouveau au même endroit, au bord de la lagune, pour un léger buffet (nos voisins sont apparemment dans un tour "de luxe" : ils ont en effet droit à des chaises pliantes avec accoudoirs, et même un peu de vin !). 

Après nous êtres sustentés, nous reprenons la piste par où nous sommes venus, et retrouvant la route asphaltée, notre guide nous fait comprendre que dans sa grande bonté, il nous offre la chance de découvrir un autre salar. Ce "détour" lui prendra environ dix minutes, le temps de nous amener un peu plus loin sur un belvédère au bord de la route ; troisième et dernier arrêt ; retour à San Pedro...

Conclusion : si vous allez faire (ou avez fait) le Sud Lipez, vous pouvez zapper sans problème ; sinon, welcome dans le monde merveilleux de l'excursionite.

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(Le Salar de Tara, mai 2014)

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Vigognes...

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Le Paso de Jama, le col qui mène en Argentine est à une cinquantaine de kilomètres de là. Après la frontière, il faut compter environ 150 km de route jusqu'à Susques et 350km pour rejoindre San Salvador de Jujuy...

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(Mai 2014)

31/05/2014

Les Geysers del Tatio

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(Geysers del Tatio, mai 2014)

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(Geysers del Tatio, mai 2014)

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Quand on évoque le mot "geyser", on pense bien souvent en premier lieu à l'Islande, ce qui est doublement bien vu !

D'une part parce que c'est le Geysir, le plus célèbre geyser islandais (aujourd'hui éteint), qui à donné son nom à ce phénomène volcanique, et que d'autre part les seuls geysers d'Europe se trouvent uniquement en Islande...

Cette curiosité naturelle est en effet relativement rare, et il n'y a que dans une quinzaine de pays que l'on peux en admirer ; et là encore, il faut relativiser, car il sont nombreux, ces pays, à n'en compter que un ou deux actifs, comme par exemple en Argentine !

Si l'on souhaite en découvrir en quantité, hormis en Islande, il faut donc se rendre soit à Yellowstone aux USA (le vainqueur toutes catégories : ce parc national abrite en effet les deux tiers des geysers recensés dans le monde !), dans l'Ile du Nord de Nouvelle Zélande, ou bien ici, sur l'altiplano chilien.

J'omets volontairement ceux de la péninsule du Kamtchatka, à 9 fuseaux horaires de Moscou, pratiquement inaccessibles...

Il faut savoir enfin que les geysers sont très fragiles et qu’ils peuvent disparaître (ou bien apparaître !) suite à une modification naturelle des sols (éruption, tremblement de terre, glissement de terrain, ...) ou par l'intervention de l'homme (captation géothermique,...).

 

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Mais revenons à ceux qui nous intéressent aujourd'hui : Les Geysers del Tatio.

Avec près de 80 geysers actifs, c'est le plus grand site de l'hémisphère sud. On pourra cependant regretter que malgré leur grand nombre, il ne brillent pas par la hauteur de leur éruption qui ne ne mesure que six mètres au grand maximum (enfin c'est ce qu'on dit, parce que je n'en ai personnellement pas vu de si haute) ; on est en tout cas bien loin des 30 à 50 mètres de l'Old Faithful, ou même des 20 mètres du Strokkur !

J'aurais toujours pu me consoler en croyant (ce que les chiliens prétendent sans cesse) que c'était le champs de geyser le plus haut du monde (à 4 280 mètres d'altitude) avant que je découvre quelques jours plus tard, à 30 kilomètres de là, mais cette fois-ci du côté bolivien les Geysers de Sol de Mañana, à 4 850 mètres !!! 

Le site, qui s'étend sur environ 30 km² se trouve à 98 km au nord de San Pedro, au pied des volcans Tatio et Linzor qui marquent la frontière avec la Bolivie.

Les excursions partent le plus souvent de San Pedro de Atacama à 5h30 du matin (oui je sais, c'est la loose!) afin de "profiter", à l'aube, des cheminée de vapeur mises en valeur par la différence de température (car il peut faire jusqu'à -20° la nuit !).

 

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Pour la pause "petit-déjeuner", les guides en profitent pour faire cuire les œufs et réchauffer le lait...

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Une piscine est aménagée pour les plus courageux : il fait frisquet dehors !

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(Geysers del Tatio, mai 2014)

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Comme je commence à m'y habituer, les renards (zorro culpeo) ne sont pas toujours très loin des touristes...

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Les volcans alentours nous renseignent de toute évidence sur la vigueur de l'activité sismique!

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Le village de Machuca.

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La plupart (presque toutes, probablement) des excursions pour les geysers s'arrêtent, sur le chemin du retour, dans la communauté indigène du village de Machuca.

On y visite la minuscule église, et on y mange des empanadas au fromage de brebis et de délicieuses brochettes de lama...

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(Machuca, mai 2014)

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Les faîtes des maisons du village sont décorées de croix en laine multicolore...

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Un lama, avec en arrière plan le volcan Licancabur.

28/05/2014

Les vallées "de la Luna" et "de la Muerte"

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(La Vallée de la Mort, San Pedro de Atacama, Mai 2014)

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San Pedro de Atacama, ses oasis et son salar, sont bordés à l'est par les hauts sommets de la chaîne andine. A l'ouest, une "pré-cordillère", communément appelée la Cordillère de Sel, abrite la Vallée de la Lune et celle de la Mort...

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C'est sans doute l'excursion la plus affligeante que j'ai fait cette semaine là; malheureusement pour moi, car les sites valaient vraiment le détour (surtout la vallée de la Lune). Une des plus belles vues, je l'ai en fait découvert depuis les vitres du van qui me ramenait vers Calama (et son aéroport)... le jour du départ !

Programme : départ vers 15 heures, direction la "Valle de la Luna" : 1 arrêt pour payer l'entrée, 1 arrêt (assez) intéressant et un troisième totalement nul ! Puis direction la Vallée "de la Muerte", avec  un seul arrêt, cette fois pitoyable. Enfin, l'ultime halte : un promontoire qui surplombe San Pedro, avec juste une centaine d'autres touristes pour vous accompagner...

Un endroit calme à souhait, donc,  et idéal pour apprécier l'inévitable coucher de soleil...

Si vous passez par là, prenez le temps de visiter ces vallées, à pied, en vélo ou à cheval (bon, une voiture, c'est bien aussi !), et fuyez cette excursion minable...

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(La Vallée de la Lune, mai 2014) 

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En vélo depuis San Pedro de Atacama, il faut compter 5 km pour arriver jusqu'au parc. En comptant une dizaine de kilomètres pour le parcourir, ça fait tout de même au total une balade d'au moins 30 km... sous le soleil et à 2500 mètres d'altitude !

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Les agences ne savent plus quoi inventer, à l'instar de ce camion "safari", d'où les occupants peuvent siroter l'apéritif en admirant le coucher de soleil... trois mètres plus haut que tout le monde !

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26/05/2014

Les lagunas Miñiques et Miscanti

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(Lagunas Miñiques et Miscanti, mai 2014)

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Socaire se trouve à environ 90 kilomètres au sud de San Pedro de Atacama. On découvre ci-dessus sa petite église et une partie des terrasses, ainsi aménagées autour du petit village depuis près de 1000 ans!

20 kilomètres plus au sud, une piste monte en direction du Volcan Miñiques au pied duquel se trouvent les deux "lagunas".

Nous sommes passés en un peu plus d'une heure de 2500 à 4120 mètres d'altitude !

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La Laguna Miñiques, la plus petite, fait à peine 1,7 kilomètre de long.

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J'ai longtemps hésité à savoir si je devais  louer ou non une voiture pour ces quelques jours à Atacama. J'ai finalement décidé de ne pas le faire, puisque qu'ayant dans l'idée de passer du côté bolivien, le véhicule aurait été bloqué pour rien au moins quatre jours à San Pedro ! (il faut savoir aussi que le prix des locations est salé, et qu'il faut facilement compter 50 euros/jours pour un pot de yaourt et plus de 100 euros pour le premier 4x4 : seul, c'est la ruine ; à 3 ou 4, faut voir !).

Sans voiture, il n'y avait donc plus qu'une issue : l'excursion, ce truc qui m’insupporte vous pouvez même pas imaginer ! 

Autant vous le dire : je n'en ai apprécié aucune des cinq autour de San Pedro...

Si les agences se bousculent au village, ce n'est pas par leur imagination et leur créativité qu'elles se distinguent. Tout est formaté, identique, impersonnel, fade ; il n'est d'ailleurs pas rares que les agences se refilent les clients, histoire de rentabiliser les bus et les 4x4 ; pas de problème, puisque le programme est le même pour tous !

Et comme le touriste est là pour seulement 2 ou 3 jours, on s'arrange pour proposer des excursions bien calibrées : celles du matin (devrais-je dire de l'aube !) qui reviennent juste à temps pour l’immanquable déjeuner, puis celle qui de l'après midi, de 15h jusqu'au coucher du soleil... Il y en a aussi quelques-unes d'une journée (de 8h à 16/17 heures).

- les principales excursions du matin sont : "Geysers del Tatio"; "Valle ArcoiIris"; "Termas de Puritama"

- celles du soir : "Valle de la Luna y de la Muerte"; "Laguna Cejar y Ojo del Salar"

- celles de la journée complête : "Lagunas Altiplanicas" (Miñiques y Miscanti + Salar de Atacama); "Piedras Rojas"; "Salar de Tara".

C'est bien évidemment toujours au travers de la vitre que l'on voit les plus beaux paysages, et seulement au travers de la vitre ! Les excursionnistes ont en effet la fâcheuse habitude de rarement s’arrêter en chemin (sauf pour un tour aux toilettes ou bien à l'échoppe de souvenirs...).

Quand ils finissent par stopper le moteur, c'est toujours à moins de 50 mètres du "truc" à voir, d'où bien sûr les photos presque identiques que rapportent les touristes !

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Durant ce séjour dans l'altiplano, j'ai pu observer de très nombreuses hardes de vigognes (vicuñas). Cette altitude et ces rudes conditions climatiques ne conviennent apparemment pas au guanaco, qui est ici inexistant...

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Le volcan Miñiques surplombe les deux lacs du haut de ses 5910 mètres !

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La Laguna Miscanti, longue d'environ 6kilomètres, avec en arrière plan le Cordón de Puntas Negras .

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(Laguna Miscanti, mai 2014)

21/05/2014

Le Salar d'Atacama

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(Salar d'Atacama, mai 2014)

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(Salar d'Atacama, mai 2014)

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Un "salar" (ou "salinas") est le nom que l'on donne en Amérique du sud à un désert de sel.

C'est souvent à l'origine un lac dont l'alimentation en eau a été beaucoup moins importante que la forte évaporation ambiante.

Après des milliers d'années, les sédiments, constitués principalement de sels (chlorures, borates, carbonates et autres sulfates) apportés par les précipitations sur la chaîne andine voisine, se sont déposés dans le bassin sans être ensuite drainés vers la mer.

Le Salar d'Atacama, avec ses 3 000km² est le plus grand du Chili et le cinquième plus grand au monde. Il est à la même altitude que San Pedro, soit environ 2500 mètres.

La croûte du salar peut être plutôt lisse (comme c'est le cas à d'Uyuni ou à Salinas Grandes en Argentine) ou bien plutôt "tourmentée" comme ici : cela est dû au fait que les eaux du lac situé sous le salar, en s'évaporant, se "cimentent" avec les poussières et la sable apportés par les vents...

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Les zones d'extractions du Lithium : vue depuis l'avion du retour

et capture d'écran Google Earth.

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Les incroyables richesses de ces sols ont depuis le milieu du 19e siècle aiguisé l'appétit des puissances ; à commencer par le salpêtre (utilisé comme engrais mais également dans la fabrication de la poudre à canon) qui fut à l'origine de la Guerre du Pacifique (1879-1884) à l'issue de laquelle le Chili ravit à la Bolivie un territoire de 125 000km² et son unique accès à l'Océan Pacifique.

C'est aujourd'hui le lithium qui est devenu l'objet de toute les attentions : les salars de l'Altiplano bolivien, chilien et argentin (le fameux triangle du lithium) concentrent à eux seuls plus de 60% des réserves mondiales, et le Chili, grâce au seul Salar d'Atacama, en est aujourd'hui le premier producteur mondial.

Le lithium est très prisé dans l'industrie du verre, mais c'est surtout l’explosion de la demande pour la fabrication des batteries (pour l'automobile, la téléphonie et l'informatique) qui ont fait que son prix à décuplé ces dernières années.

Cette extraction "exponentielle" mais surtout hydrophage génère bien évidemment le dérèglement du fragile écosystème, ce qui n'est pas (encore) vraiment le premier souci des touristes de passage...

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Pluvier de la puna

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Flamant du Chili

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17/05/2014

San Pedro de Atacama (SPA)

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(San Pedro de Atacama, Mai 2014)

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Il ne reste pas grand chose de la première église dédié à San Pedro (Saint-Pierre), si ce n'est peut-être son inimitable style andin-colonial. La fondation du sanctuaire remonte au 16e siècle mais les murs actuels en briques d'adobe ont été érigés au 18e et 19e. La charpente en bois de caroubier et cactus semble elle aussi assez récente,

La tour d'origine, en bois, a été remplacée en 1964...

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(San Pedro de Atacama, Mai 2014)

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En toile de fond la Cordillère des Andes et ses volcans, dont le fameux Licancabur (dont je vous parlerai plus tard) qui marque la frontière avec la Bolivie.

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Si les rues en terre battue sont assez calme en journée (quand les touristes sont en excursion!), elle deviennent vite le soir noire de monde ! 

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Le Désert d'Atacama, avec ses 105 000 km², couvre près d' 1/7ème du territoire Chilien. C'est l'une des zones les plus arides au monde (seulement 0,8mm de pluie par an à Arica, par exemple) et celle qui présente la plus faible densité d'activité organique sur Terre !

san pedro de atacama .pngIl est bordé à l'est par une chaîne volcanique dont de nombreux sommets frôlent les 6000 mètres et qui font office de frontière "naturelle" avec la Bolivie et l'Argentine voisines.

Comme dans tout désert qui se respecte, on y trouve également quelques oasis, dont la plus fameuse : celle de San Pedro de Atacama, faiblement alimenté en eau par les Rios Puritama et Purificada.

Ce village d'environ cinq mille âmes est devenu depuis les années 1980 la principale plaque tournante du tourisme chilien : ses 4000 heures d'ensoleillement par an (ce qui signifie, pour faire court, du soleil tous les jours), la proximité de nombreux sites naturels (salars, lagunes, volcans, geysers, etc...) ou bien archéologiques, les activités multiples (randonnées à pied ou à cheval, ski sur les dunes, bains thermaux et autre promenade à vélo), la proximité des frontières argentine et bolivienne en on fait la cible idéale des touristes du monde entier.
San pedro est également le point de départ idéal pour une virée dans le Lipez jusqu'au salar d'Uyuni...

Ce succès a évidemment un prix : plus aucun descendant Atacameña n'habite les quelques rues en terre battue du village, aujourd'hui uniquement phagocytées par les hôtels, les bars-restaurants et les agences proposant toutes les mêmes excursions...

Les habitants, totalement inféodés au tourisme (bien plus rarement au travail d'extraction de minerais) se sont repliés au nord et à l'est du village, dans des zones moins sexy et assez loin du regard des visiteurs...

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Sur la jolie place qui jouxte l'église, on trouve quelques arbres centenaires.

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Le marché artisanal, dont la quasi totalité des produits proviennent de la Bolivie voisine... quand ce n'est pas de Chine !

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(San Pedro de Atacama, Mai 2014)

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L'Atacama est un désert d'altitude ; San Pedro se trouve à 2438m au dessus du niveau de la mer !

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Gustave Le Paige, prêtre jésuite Belge, également ethnologue et archéologue, a réuni à partir des années 50 une importante collection d'artefacts prouvant que la présence humaine sur les terres d'Atacama datait d'au moins 10 000 ans. 

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Le musée qui présente cette collection a probablement perdu une partie de ces visiteurs depuis 2008, date a laquelle il a cessé d'exposer des momies vieilles de 2500 ans !

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Poterie Atacameña (à droite) et Tiwanaku (à gauche)

La culture d'Atacama a fortement été  influencé par celle de Tiwanaku, qui domina la moitié sud des Andes entre le 5e et le 11e siècle. Le coeur de cette civilisation battait 800km plus au nord, près des rives du Lac Titicaca (voir mon post de juin 2009).

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Les rues sont bien calmes au petit matin...

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Les employés de tout ces commerces qui vivent du tourisme (chauffeur, guides, femme de chambre, cuisiniers, etc...) sont relégués aux abords du village, dans des maisons qui n'ont pas vraiment le charme "traditionnel" de l'adobe...

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(San Pedro de Atacama, Mai 2014)

10/02/2014

Petite balade à Colonia de Sacramento, en Uruguay...

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Colonia de Sacramento, février 2014

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Pour un post (beaucoup) plus complet, voir celui de février 2013 !!!!

10/06/2013

Santiago du Chili

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Basilique (et musée) de La Merced, 1763

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Le Théatre municipal de Santiago

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(Santiago du Chili, mars 2013)

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Eglise, Couvent et Musée "colonial" San Francisco (1575)

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La grande halle du "Mercado central" date de 1872.

Ce quadrilatère, de 100 mètres de côté, abrite principalement des poissonneries, mais également de nombreux restaurants propices à la dégustation des produits frais !

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1,50 euros le kilo de moules, et 7,30 celui de saumon !

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L'Université catholique pontificale de Santiago

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Je n'aurais pas la prétention de vous brosser en un seul article la réalité de Santiago.

Mais comme j'y ai passé quelques jours (en me rendant sur l'Ile de Pâques), je tenais à vous en faire découvrir, modestement, quelques aspects.

La fondation de la capitale du Chili (1541) est peu ou prou contemporaine de celles de Lima (1535) ou de Buenos Aires (1536). Il ne reste pourtant pas beaucoup de trace aujourd'hui de ce lointain passé...

Il faut dire (pour faire court) que le Chili fut longtemps dépendant de la Vice-royauté du Pérou (dont Lima était la capitale), et donc une région de "moindre importance".

A l'aube de son indépendance, le pays a dû alors batailler ferme face à ses puissants voisins pour se faire à son tour une place au soleil. Les frontières (presque) définitives du Chili ne datent d'ailleurs que de la fin du 19ème siècle !

Donc, comme je le disais, on ne trouve à Santiago que peu de vestige antérieurs au 19ème siècle, si ce n'est bien entendu des églises et des couvents, maintes fois reconstruits conséquemment aux violents séismes qui touchent régulièrement le pays (celui de février 2010 a fait plus de 700 victimes).

La capitale, qui accueille plus d'un tiers des 17 millions de Chiliens, est une ville moderne, propre, bien organisée, plutôt sûre et donc agréable à vivre, ou tout au moins, en ce qui me concerne, à visiter...

Elle doit sans doute aussi une grande partie de son charme à la Cordillière des Andes dont on découvre les sommets à l'est (enneigés une bonne partie de l'année), ainsi qu'à ses nombreuses collines (les cerros) du centre ville, dont le plus haut, celui de San Cristobal, culmine à 280 mètres.

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La "Torre Telefonica", est de par sa hauteur (143m), son design particulier, et sa situation centrale, un bon point de repère pour le promeneur...

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(Santiago du Chili, mars 2013)

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Sur la Plaza de Armas, il ne reste peu que de traces de la cathédrale Métropolitaine originelle, malmenée par de nombreux tremblements de terre.

Celle que nous découvrons aujourd'hui date essentiellement du 19ème.

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On trouve de nombreuses et larges avenues piétonnes au centre-ville...

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A cent cinquante mètres de la Plaza de Armas, l'Egise et le Couvent des Dominicains (fin du 18ème siècle)

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Il ne subsiste à Santiago que de très rares bâtiments de l'époque "coloniale" du type de la "Casa Colorada" (1769) qui accueille aujourd'hui le Musée de la Ville.

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Ce Palais "neo-classique" à longtemps abrité le Congrès du Chili

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L'ex-pharmacie Bentjerodt, dont les éléments furent réalisés en France avant d'être assemblés sur place.

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Le Palais de la Moneda (inauguré en 1805), siège de la Présidence, est sans aucun doute le bâtiment le plus emblématique de la capitale.

Il fut en partie détruit lors du coup d'état dirigé par Pinochet en 1973, durant lequel le Président Salvador Allende trouva la mort...

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Le Place de la Constitution (face à la Moneda) fait partie d'un vaste programme de réhabilitation qui courre tout au long de l'année 2013, et prive le visiteur d'autant de perspectives...

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Une des entrées du Cerro Santa Lucia, colline sur laquelle fut fondée la première "Santiago"...

C'est aujourd'hui un agréable parc d'où l'on a de jolis points de vue sur la ville.

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(Santiago du Chili, mars 2013)

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Au loin, dans le quartier de Providencia, la "Gran Torre Santiago", un gratte-ciel en cours d'achèvement qui mesurera 300 mètres de haut... 

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Le Musée des Beaux-Arts

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En ce dimanche du mois de mars, le "Parque Forestal" s'était transformé en une gigantesque friperie, tendance "hippie", ou fleurait bon les effluves de produits généralement prohibés...

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Un sympathique "Botero", juste derrière le Musée des Beaux-Arts

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Le métro de Santiago, celui dont on rêverait à Buenos Aires : 108 stations et un réseau de 110 km, soit le double de celui de la capitale argentine !

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Bellavista est un quartier branché, assurément plus bohème pour le moment que bourgeois ! On y trouve de nombreuses galeries, des bars et des restaurants, et plein de murs taggés !

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Le funiculaire qui monte au sommet du Cerro San Cristobal, date de 1925.

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(Santiago du Chili, mars 2013)

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La vierge, 280 mètres au dessus de la ville, "veille" sur les 5 millions de Santaguinos

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La Torre Telefonica (au premier plan), depuis le Cerro San Cristobal

30/05/2013

Les "cerros" de Valparaiso

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(Valparaiso, mars 2013)

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Je vous ai longuement parlé, ICI et LA, de Valparaiso, afin d'en faire connaissance.

Les images qui suivent ne sont, quant à elle, qu'une petite introduction aux multiples facettes que peuvent nous offrir les cerros (les collines) de la ville...

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(Valparaiso, mars 2013)

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Une (infime) partie du cimetière de Valparaiso

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(Valparaiso, mars 2013)

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(Valparaiso, mars 2013)

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Même si les couleurs ne manquent pas, on se rend facilement compte de la pauvreté de certains quartiers...

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(Valparaiso, mars 2013)

24/05/2013

Les funiculaires de Valparaiso

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(Valparaiso, mars 2013)

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Les "ascensores" font évidemment partie de l'iconographie locale

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Si l'on aperçoit généralement les funiculaires de très loin, d'autres en revanche, coincés au milieu d'immeubles, sont beaucoup plus difficiles à trouver.

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La renommée de Valparaiso est en grande partie due à ses fameux "ascensores" partant à l'assaut des "cerros".

Ces funiculaires (classés "Monument historique national") sont sans doute également pour beaucoup dans l'inscription en 2003 de la ville sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco.

Mais les ascensores semblent aujourd'hui à bout de souffle, ... et en bout de course !

Malgré les promesses du gouvernement et de la municipalité de sauver un maximum de ces témoins d'un temps révolu, la situation parait assez mal engagée : sur les trente funiculaires construits entre 1883 et 1915, seul seize sont aujourd'hui encore debout ; quand à ceux qui fonctionnent "régulièrement", ils ne sont plus que cinq !

Le probléme vient surtout du fait qu'on ne peut pas installer ce genre de reliques dans un musée : un funiculaire n'existe que dans le mouvement !

Malheureusement, cela fait bien longtemps qu'ils ne sont plus rentables, et sans le tourisme, ils auraient probablement déjà disparu. La preuve en est que ce sont les deux ou trois quartiers les plus "branchés" et donc les plus visités qui restent encore principalement déservis.

C'est là la faute à personne ; c'est juste un changement d'époque : au début du siècle dernier, la plupart des habitations étaient construites à proximité des "terminus". Maintenant que la ville s'est étendue, les porteños optent évidemment pour des minibus ou des taxis collectifs pour se rendre toujours plus loin dans les collines.

Car, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les distances parcourues par les ascensores ne sont pas vraiment extraordinaires : les rampes font de 45 à 175 mètres de long, pour un dénivelé se situant de 20 à 50 mètres ; la durée d'un "voyage" dépasse donc rarement la minute (au maximum, il est d'une minute trente !) ; quant au coût, il est actuellement compris entre 200 et 300 pesos (soit moins de 0,50 euro).

Le problème, c'est qu'une ligne, quelle soit courte ou longue, nécessite au moins deux employés en permanence : un au départ et un à l'arrivée ! Il en faudrait des billets pour couvrir à la fois les salaires, l'entretien du matériel, la remise aux normes de sécurité, ainsi que l'electricité pour activer là mécanique ! (à ce propos :avant d'être électriques les moteurs furent hydrauliques, puis à vapeur...)

Quant aux touristes, reconnaissons que presque tous empruntent le funiculaire juste pour le "fun" (si j'ose dire), le nombre des marches à grimper si l'on décidait d'y aller à pied n'ayant rien de vraiment rédhibitoire...

Pour toutes ces raisons, je pense qu'il est peu probable que soient prochainement réhabilitées beaucoup de lignes. L'idéal serait sans doute de conserver les plus actives, de peut-être faire payer un peu plus cher le touriste, tout en conservant un prix attractif pour les rares Porteños qui utilisent encore régulièrement les "ascensores" !

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La plupart des cabines sont extrêmement sommaires, avec une chaise ou une banquette dans un coin ; les tourniquets sont d'époques !

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Celui-ci, on est sûr au moins qu'il n'est plus en service !

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(Valparaiso, mars 2013)

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Une porte de garage...

22/05/2013

La ville basse de Valparaiso

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(Valparaiso , mars 2013)

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La saison "estivale" semble bien terminée en ce mois de mars (l'été dure ici de décembre à février, comme dans tout l'hémisphère sud) et je n'ai  pas vu un seul touriste prendre la mer...

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Trois ou quatre porte-containers et autant de navires de guerre ; Une quinzaine de bateaux de pêche ; Valparaiso est à l'évidence un port plutôt "modeste"...

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(Valparaiso , mars 2013)

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Au milieu de la Plaza Sotomayor trône le monument dédié à Arturo Prat, un officier-héros de la Marine chilienne.

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Au fond de la place, adossé à la colline, le bâtiment tout bleu de l'Amirauté.

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(Valparaiso , mars 2013)

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A partir de la seconde moitié du 19ème siècle, alors que Valparaiso se développait autour de son port, Viña del Mar était choisie par les riches entrepreneurs pour y bâtir leur résidence secondaire.

Bordée par une longue plage de sable fin, elle est devenue aujourd'hui une station balnéaire réputée. 

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On voit bien sur ce plan les quelques rues à peu près rectilignes qui longe la côte. Plus en arrière, elles s'adaptent alors à la forme des collines (les cerros).

Au beau milieu de ce plan, la grande tâche "blanc-beige" indique l'emplacement du cimetière municipal qui coiffe deux de ces "cerros".

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La frontière entre le Chili et l'Argentine est la troisiéme plus longue du monde, les deux pays se partageant sur plus de 5000 km les versants Est et Ouest de la Cordillère des Andes ; cette dernière est d'ailleurs, en passant, la plus grande chaîne montagneuse de la planète.

carte_chili_fr.jpgPour se rendre sur l'Ile de Pâques, plus de 90% des voyageurs doivent passer par Santiago, la capitale du Chili. C'était donc pour moi une bonne occasion de m'y arrêter et de faire, en passant, un petit détour par Valparaiso (le premier port, mais également la seconde ville du pays), distante d'un peu plus de 100km.

Valpo (pour les intimes) est une ville très attachante et peu ordinaire.

Sa plus grande particularité, elle la doit sans doute à sa géographie : si la ville basse, "el plan", s'est developpée (comme dans la plupart des cités d'origine hispanique) "au carré" sur l'étroite bande côtière, les rues de Valpo ont ensuite dû s'adapter, au fil des ans, aux formes chaotiques des quarante quatre collines environnantes (les fameux "cerros")...

***

C'est en 1544 que Pedro de Valdivia (un lieutenant de Pizarro), choisit ce lieu pour y établir un port et favoriser ainsi l'essor de Santiago, ville qu'il avait fondé trois ans plus tôt.

Valparaiso va se développer tout au long du 19ème siècle et vite devenir le passage obligé de tous les navires se rendant d'Europe à la côte ouest des États-Unis. C'est la grande époque du Cap Horn...

Elle doit à cette époque son surnom de "Perle du Pacifique"...

En 1906, un terrible tremblement de terre fait plus de 3000 morts. La cité est très affectée, et pourtant les années sombres ne font que commencer. L'ouverture en 1914 du Canal de Panama réduit d'un coup par deux les distances entre l'Europe et l'Ouest des États-Unis. Plus raison aucune pour les navires de s'embêter à contourner le continent ! 

La crise de 29 viendra s'ajouter à cette déroute et l'invention du salpêtre synthétique (le Chili était un très grand exportateur de salpêtre "naturel", un composé essentiel de la poudre à canon) finiront d'achever la cité.

Après une lente asphyxie, la ville touchera le fond dans les années 70 et 80, la dictature militaire de Pinochet (un natif de Valparaiso, tout comme d'ailleurs Allende) s'accomodant plutôt mal de son côté bohème.

C'est à partir de 2003, et de son inscription (partielle) sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco, que Valpo, obtenant de nombreux financements internationaux, commencera à relever la tête.

***

Depuis quelques années, les temps sont de nouveau très durs, et malgré le développement touristique et la vitalité du port, Valparaiso semble peiner à se moderniser...

Le quartier du port en est un bel exemple : malgré quelques graffitis, ce sont surtout des bâtiments rongés par le sel, la pluie et le vent que l'on rencontre à chaque coin de rue. Les nombreux bars, restaurants et autres bouges où les marins du monde entier venaient s'oublier après de longues semaines en mer, ont depuis bien longtemps baissé le rideau...

Si pas mal de demeures, perchées sur les "cerros", ont retrouvé fière allure, l'impression qui domine est quand même celle d'une ville rafistolée, faite de bric et de broc, de tôle ondulée et de bois, qui s'appauvrit au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la côte ; au point d'ailleurs que l'on conseille fortement aux touristes de ne pas trop s'aventurer dans ces quartiers...

La ville basse (qui abrite toutes les infrastructures, qu'elles soient administratives, financières, commerciales ou culturelles) est particulièrement active le jour, à un moment où les "cerros", inversement, sont largement dépeuplés ; ce jusqu'en fin d'après-midi, où la plupart des Porteños (les habitants de Valpo) rejoignent leur maison perchées sur les collines, à bord de minibus à la fois bariolés et intrépides, et autres taxis collectifs.

Il y a en fait très peu de commerces sur les cerros (généralement des épiceries), et c'est seulement dans les coins plus branché (donc surtout couru par le touriste) que l'on trouve les habituels bar-hôtel-B&B-restaurant...

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(Valparaiso , mars 2013)

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Le réseau de trolleybus de Valparaiso a été mis en place au début des années 1950 ; quelques voitures Pullman datant de la première décennie circulent encore !

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Le parfum de la mer est toujours présent à Valparaiso, qu'il vienne des étals ou apporté par les embruns...

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(Valparaiso , mars 2013)

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(Valparaiso , mars 2013)

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L'unique ligne de métro longe la côte, du port de Vaparaiso jusqu'à Viña del Mar

12/05/2013

L'Ahu Tongariki, une reconstitution majeure

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

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Les 15 moaï de l'Ahu Tongariki regardent en direction du volcan Rano Raraku, la carrière dont ils ont été extraits il y a quelques siècles...

Au premier plan, un moaï seul dont on se demande bien comment il est arrivé là !

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

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L'Ahu Tongariki est tout simplement unique.

Il allie démesure et cadre exceptionnel ; que ce soit par le sud, après avoir longé la côte depuis Hanga Roa, ou bien par le nord, en venant d'Anakena, c'est d'abord de très loin qu'on le découvre. Les touristes qui arrivent de la carrière du Rano Raraku ont déjà eu l'occasion de l'apercevoir depuis les pentes du volcan, à tout juste un kilomètre de là...

Le magnifique alignement se dresse dans un espace totalement dégagé, avec pour toile de fond le Pacifique et les falaises abruptes du volcan Poike. Situé idéalement à l'est de l'île, les lève-tôt s'y pressent pour voir le soleil se lever derrière les 15 moaï...

Dire qu'il y a moins de vingt ans, on ne trouvait à cet endroit qu'un informe amas de pierre et des bouts de statues éparpillées un peu partout. En plus des "guerres tribales", qui auraient précipité la chute des géants, le site avait également subi quelques déchaînements climatiques, dont le dernier en date fut le tsunami du 22 mai 1960...

Si j’emploie le mot de reconstitution et non de restauration, c'est que l'ahu ne se présente sans doute pas exactement aujourd'hui comme l'avait patiemment dressé les anciens. Dans ce passionnant rapport de l'Unesco (qui date de 1972)*, qui dresse un état des lieux en vue de la préservation des sites, les auteurs notent (page 7) la présence de 20 moaï dispersés sur le site de Tongariki.

De nombreuses autres sources (et de rares photos : voir ci-dessous) attestent également que certaines statues se trouvaient à plusieurs dizaines de mètres de l'ahu ; il était donc a priori, impossible de connaître avec précision leur emplacement initial. Quoiqu'il en soit, cette reconstitution est magnifique !

L'Ahu Tongariki est de loin le plus grand de l'ïle, et seul un autre, l'Ahu Vaihu, a compté jusqu'à douze moaï. L'actuelle plate-forme mesure environ 100 mètres de long et présente aujourd'hui 15 moaï, dont un seul avec son pukao. Sept autres de ces couvre-chefs sont toujours au sol, à l'écart de l'ahu...

La plus grande des statues, celle qui dépasse d'une tête toutes les autres, mesure entre 8 et 9 mètres.

L'Ahu Tongariki est également celui qui se trouve le plus près de la carrière d'origine (à peine à un kilomètre à vol d'oiseau) ; ceci explique peut-être en partie le grand nombre de moaï qui ont été transportés jusqu'ici... 

(*) J'en profite au passage pour vous rapporter le nombre de moaï dont fait état ce rapport de l'Unesco (page 28) : 688 au total dont 275 dans la carrière de Rano Raraku. C'est quand même 300 de moins que les chiffres souvent avancés !

Et puisque je cite l'Unesco, sachez enfin que le "Parque nacional de Rapa Nui", qui couvre plus de 40% de la superficie de l'île, est inscrit au Patrimoine mondial depuis 1995...

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Photo des années 1990, prise lors de la restauration de l'ahu

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

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Au premier plan, le moaï "voyageur". Les guides lui ont donné ce nom car c'est le seul de l'île qui ait traversé l'océan ... et soit revenu.

Le Japon avait en effet obtenu l'autorisation que la statue fut exposée quelques temps au Pays du soleil levant (dans les années 80), afin de lever les fonds destinés à la restauration de l'ahu qui eu lieu entre 1992 et 1996.

Depuis son retour, le voyageur est placé à l'entrée du site et semble accueillir le visiteur...

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En ce mois d'avril, j'ai eu droit à quelques puissantes averses.

C'est là qu'on apprécie d'avoir choisi un 4x4 plutôt qu'un quad ou un vélo !

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

10/05/2013

La fabuleuse carrière du volcan Rano Raraku

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(Volcan Rano Raraku, avril 2013)

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A l'approche du site, on distingue déjà les dizaines de têtes surgissant du sol

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(Volcan Rano Raraku, avril 2013)

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Précision importante : tous les moaï (à part une exception) ont été taillés jusqu'au niveau des hanches. On peut facilement se rendre compte sur cette photo (du web) la dimension des corps toujours ensevelis !

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Photo satellite (Google Eartth) du volcan Rano Raraku

 

Les pentes du volcan Rano Ranaku sont, sans nul doute, l'endroit le plus singulier de l'île, et sans doute aussi celui qui m'a le plus marqué.

Il suffit pour s'en convaincre d'apprécier le travail titanesque qui, en quelques siècles, a grignoté une partie du volcan (photo ci-dessus) afin d'extraire, entre autres, des centaines de moaï.

A l'époque où, pour de mystérieuses raisons, ce travail acharné a cessé, la carrière s'était déjà légèrement déplacée vers le flanc sud-est (le cercle blanc) du volcan ; c'est là que sont tracés les sentiers guidant aujourd'hui le visiteur.

On trouve également d'innombrables sculptures à l'intérieur même de ce volcan (cercle rouge), mais les restrictions actuelles ne permettent pas de les approcher.

Je ne polémiquerai pas sur le chiffre (c'est toujours le même qui est cité !) de 400 sculptures gisant sur les pentes (et également sous !) du Rano Raraku. Ce qui est certain, c'est que seule une petite centaine de statues est visible à l’œil nu ; et ça ne gâche en rien la magie du lieu.

Si l'on trouve ici et là des moaï à tous les stades d'élaboration, encore accrochés au flanc de la montagne ou bien grossièrement ébauchés, c'est leur gigantisme qui nous interpelle immédiatement.

Dans les dernières années (décennies ?) de leur élaboration, les moaï étaient vraiment devenus des "géants", beaucoup plus grand que nombre de leur congénères  dressés au bord du Pacifique.

Ils étaient aussi plus fins et élancés.

Pourquoi tout s'est arrêté ? Pourquoi trouve t'on tant de moaï en construction sur le même site, alors qu'on nous parle si souvent de guerres incessantes ? Pourquoi enfin ces géants sont au deux-tiers enterrés (dans toutes les positions possibles et imaginables) ?

Mystère !

Personne ne connait bien sûr le déroulé des événements, même s'il est fortement probable qu'une ou plusieurs catastrophes climatiques (tsunami, tremblement de terre, pluies diluviennes pendant des mois, glissements de terrain, etc ...?), qui auraient eu lieu entre le 15ème et le début du 17ème siècle, aient largement contribué à un arrêt instantané de la production et au début de la déchéance des idoles.

C'est à partir ce moment là que s'est mis en place sur l'île le culte de l'homme-oiseau...

 

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Un moaï qui se trouve encore dans sa gangue de pierre volcanique

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Ce moaï-ci est tout simplement gigantesque. Une fois dressé (si tant est que cela eût été possible) , il aurait mesuré près de 20 mètres de haut, soit près du double que les plus grands de ses congénères éparpillés sur l'île !

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Ce moaï est un spécimen : A ce jour, il est le seul que l'on ait trouvé agenouillé. Est-ce une marque d'ancienneté (il rappelle les "tiki" polynésiens) ou bien une lubie d'artiste plus tardive ? Mystère...

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(Volcan Rano Raraku, avril 2013)

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Le cœur de l'ancien volcan est très peu visité. C'est sûrement une perte de temps pour les guides, vu qu'il n'est pas permis d'approcher les nombreux moaï qui s'y trouvent.

C'est bien dommage car l'endroit est superbe !

Dérogeant pour une fois à mon profond respect (?) pour les règles établies, je suis allé, le plus tranquillement du monde, baguenauder auprès de ces géants...

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Au premier plan, un moaï en cours d'excavation...

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C'est quand même cool, une photo souvenir sans sentier, ni barrières, ni personne...

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L'Ahu Tangariki, que l'on découvre depuis les pentes du volcan Rano Raraku, sera le sujet de mon prochain et dernier post...