08/11/2013
Les baleines franches australes de Valdès
(Péninsule Valdès, octobre 2013)
On aperçoit ici un œil du baleineau ; c'est beaucoup plus difficile a observer chez les adultes qui dont une tête bien plus proéminente (d'un 1/4 à 1/3 de sa taille totale !).
Les goélands, dont la population va croissante, sont de plus en plus nombreux à agresser les baleines, afin de prélever sur leur dos un peu de leur précieuse graisse.
Ces dernières, bien obligées de s'adapter à cette "évolution", s'arrangent donc pour respirer plus rapidement quand elle sortent de l'eau ; de même, elles dissimulent au mieux leur corps sous l'eau, ce qui fait que l'on n’aperçoit bien souvent que la queue et un bout de la tête !
Ces méthodes de protection font maintenant aussi partie de l'éducation qu'elles transmettent au baleineau.
Sur les plages autour de Doradillo, les baleines s'approchent au plus près de la plage ! On a en fait un peu de mal à vraiment comprendre comment cela est possible, vu la masse de l'animal !
Ci-dessus : aires de répartition de la baleine franche australe
Ci dessous : une représentation assez fidèle de l'animal...
Ce n'est pas un hasard si les touristes affluent en masse à Valdès durant le printemps (de septembre à novembre sous ces latitudes). C'est en effet la période idéale pour admirer le plus grand nombre d'espèce de mammifères marins, a commencer par la star d'entre tous : la baleine franche australe.
j'ai eu l’occasion d’approcher ces monstres d'assez près à au moins trois reprises : d'abord depuis les plages de Doradillo (à une vingtaine de kilomètres au nord de Puerto Madryn), puis deux fois lors de sorties en mer dans le "Golfo Nuevo".
Vous me direz que faire deux "sorties" en mer est un brin excessif, ce à quoi je vous répondrais que comme cela sera sans doute ma seule visite, je n'allais surtout pas me priver (de plus, la deuxième sortie était estampillée "au coucher du soleil") !
Côté photo, le résultat n'est pas renversant. L'animal étant ce qu'il est (14 à 18 mètres de long pour un poids de 60 à 80 tonnes) il est bien rare de pouvoir le shooter en entier, sauf bien sûr quand il daigne effectuer un grand saut hors de l'eau (ce qui est somme toute assez rare) !
Il faut ajouter qu'à cette masse impressionnante s'ajoute une forme plutôt étrange : la tête de l'animal, énorme, est recouverte de callosités particulièrement disgracieuses (on pense de prime abord à des coquillages accrochées à un rocher) ; de plus, on ne voit que très rarement ses yeux, situés très bas, quelques part au-dessus des nageoires pectorales !
Pour finir, la baleine nage dans un peu dans tous les sens, si bien qu'il faut un petit moment pour s'habituer à reconnaître le dessus de la tête, le dos ou le ventre, les nageoires ou la queue vue de profile ! si c'est une mère avec son baleineau, ça se complique encore un peu plus !
Mais ce ne sont pas, en ce genre d'occasion, les photos qui priment. Le vrai plaisir est de se retrouver côtoyant ces géants des mers, (bien souvent une mère et son petit), de découvrir les gestes d'apprentissage et les voir également, terriblement curieux, s'approcher au plus près du bateau...
Le soufle de la baleine se fait par deux évents séparés, en peu en forme de "V"
(Péninsule Valdès, octobre 2013)
Une mère et son petit...
Les "callosités" (que l'on trouve surtout sur la tête et autour des yeux) sont des organismes parasites (vers et crustacés) avec lesquels le cétacé doit composer dès son plus jeune âge.
Certains pensent que les grands sauts qu'ils effectuent hors de l'eau (et le puissant choc à la réception) sont une façon de freiner l’expansion de ces derniers...
la baleine franche se nourrit essentiellement de zooplancton (petits animaux et autres crustacés, dont les krills), qui eux même se sont nourrit de phytoplancton.
Une mère et son petit passent à quelque mètres du bateau...
Les marins l'avait nommé "franche" parce qu’elle était lente, facile à approcher, ... puis à harponner !
De plus, une fois morte, elle flottait à la surface de l'eau, facilitant ainsi sa récupération.
Sa population , estimée aujourd'hui entre 7000 et 10000 individus, n'est plus en danger.
La baleine franche australe s'installe dans le "Golfo Nuevo" entre les mois d'août et décembre afin de s'y reproduire, puis mettre au monde, l'année suivante, son petit.
Un peu comme pour les ours blancs, le mâle n'a ici qu'un rôle reproducteur : la femelle est seule lors de la mise au monde et seule aussi pour l'éducation du baleineau.
A la naissance, ce dernier pèse déjà plus d'une tonne ; il tétera jusqu'à 125 litres de lait maternel par jour (à 40% de matière grasse !).
Il quittera sa mère avant ses deux ans...
(Peninsule Valdès, octobre 2013)
Une nageoire pectorale de cétacé au coucher de soleil, , avec au fond la "proéminence" rocheuse qui a donné son nom au village de "Piramides"...
21:08 Publié dans Péninsule Valdès, Périples argentins, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0)
05/11/2013
Balade en Péninsule Valdès
(Péninsule Valdès, octobre 2013)
Puerto Piramides est le seul village de la péninsule. Il n'a d'ailleurs de "puerto" que le nom, car on ne trouve ici aucun quai : les quatre ou cinq sociétés agréées pour transporter les touristes à la découverte des baleines franches dans le golf Nuevo mettent leurs bateaux à l'eau directement depuis la plage, grâce à des tracteurs adaptés.
Le village est plaisant et très au calme...
A moins de trois kilomètres de Puerto Piramides, on trouve une "loberia" (une colonie) de lions de mer à crinières qui squattent une crique à l'eau transparente...
On circule à l'intérieur de la péninsule sur de larges routes en "ripio" (cailloux et graviers compactés). Comptez environ 200 km de route pour effectuer le tour "classique".
Trois de ces pistes traversent l'intérieur de la péninsule (ainsi que d'immenses estancias) et une quatrième longe la côte Est, sur moins de 80 km ; avec interdiction d’accéder librement jusqu'aux plages.
Pour être clair, vous n'aurez donc en fait le droit de vous approcher des mammifères marins qu'autour de trois spots bien réglementés : Punta Delgada, Punta Cantor et Punta Norte.
C'est un peu dommage quand on sait que la circonférence de la péninsule est d'environ 400 km !
J'ai trouvé la plage de Punta Delgada la plus propice à l'observation des éléphants de mer, même si c'est également celle où les propriétaires vous demandent un droit de passage supplémentaire de 100 pesos, ou bien alors de déjeuner dans leur restaurant !
Depuis la route, on découvre au loin deux lacs en partie "salés".
(Péninsule Valdès, octobre 2013)
Les guanacos font partie de la famille des camélidés, tout comme les vigognes que l'on trouve plus au nord du pays.
Aussi sauvages que leurs cousines, ils sont assez craintifs et difficiles à approcher.
Sur la côte Est, on peut s'arrêter découvrir la "pinguinera" de Punta Cantor.
Si le cadre est vraiment charmant, avec en fond le bleu de l'océan, l'expérience n'est en rien comparable avec celle de Punta Tombo et ses milliers de manchots de Magellan.
Je dois bien vous l'avouer : c'est bien là le seul tatou velu dont j'ai croisé la route à Valdès... et c'est à peine si j'ai eu le temps de lui tirer le portrait !
Cette espèce est uniquement présente en Patagonie argentine et chilienne.
(Péninsule Valdès, octobre 2013)
Entre Punta Cantor et Punta Norte, la "Caleta Valdès" s'étire sur plus de 25 km. C'est une lagune littorale d'eau salée (de 200 à 300 mètres de largeur) séparée de l'océan par un cordon de sable.
Nous découvrons à Punta Norte nos derniers mammifères marins...
Le nandou de Darwin (ou choique) ne vit qu'en Amérique du Sud. C'est à n'en point douter un cousin (d'ailleurs assez éloigné) des émeus d'Australie ou des autruches d’Afrique.
Comme tous ces oiseaux coureurs ont en commun d'être incapables de voler, on les a regroupés sous une appellation spécifique, les ratites, dont font d'ailleurs aussi partie le casoar et le kiwi.
(Péninsule Valdès, octobre 2013)
03:06 Publié dans Péninsule Valdès, Périples argentins, Voyages | Lien permanent | Commentaires (2)


































