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12/05/2013

L'Ahu Tongariki, une reconstitution majeure

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

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Les 15 moaï de l'Ahu Tongariki regardent en direction du volcan Rano Raraku, la carrière dont ils ont été extraits il y a quelques siècles...

Au premier plan, un moaï seul dont on se demande bien comment il est arrivé là !

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

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L'Ahu Tongariki est tout simplement unique.

Il allie démesure et cadre exceptionnel ; que ce soit par le sud, après avoir longé la côte depuis Hanga Roa, ou bien par le nord, en venant d'Anakena, c'est d'abord de très loin qu'on le découvre. Les touristes qui arrivent de la carrière du Rano Raraku ont déjà eu l'occasion de l'apercevoir depuis les pentes du volcan, à tout juste un kilomètre de là...

Le magnifique alignement se dresse dans un espace totalement dégagé, avec pour toile de fond le Pacifique et les falaises abruptes du volcan Poike. Situé idéalement à l'est de l'île, les lève-tôt s'y pressent pour voir le soleil se lever derrière les 15 moaï...

Dire qu'il y a moins de vingt ans, on ne trouvait à cet endroit qu'un informe amas de pierre et des bouts de statues éparpillées un peu partout. En plus des "guerres tribales", qui auraient précipité la chute des géants, le site avait également subi quelques déchaînements climatiques, dont le dernier en date fut le tsunami du 22 mai 1960...

Si j’emploie le mot de reconstitution et non de restauration, c'est que l'ahu ne se présente sans doute pas exactement aujourd'hui comme l'avait patiemment dressé les anciens. Dans ce passionnant rapport de l'Unesco (qui date de 1972)*, qui dresse un état des lieux en vue de la préservation des sites, les auteurs notent (page 7) la présence de 20 moaï dispersés sur le site de Tongariki.

De nombreuses autres sources (et de rares photos : voir ci-dessous) attestent également que certaines statues se trouvaient à plusieurs dizaines de mètres de l'ahu ; il était donc a priori, impossible de connaître avec précision leur emplacement initial. Quoiqu'il en soit, cette reconstitution est magnifique !

L'Ahu Tongariki est de loin le plus grand de l'ïle, et seul un autre, l'Ahu Vaihu, a compté jusqu'à douze moaï. L'actuelle plate-forme mesure environ 100 mètres de long et présente aujourd'hui 15 moaï, dont un seul avec son pukao. Sept autres de ces couvre-chefs sont toujours au sol, à l'écart de l'ahu...

La plus grande des statues, celle qui dépasse d'une tête toutes les autres, mesure entre 8 et 9 mètres.

L'Ahu Tongariki est également celui qui se trouve le plus près de la carrière d'origine (à peine à un kilomètre à vol d'oiseau) ; ceci explique peut-être en partie le grand nombre de moaï qui ont été transportés jusqu'ici... 

(*) J'en profite au passage pour vous rapporter le nombre de moaï dont fait état ce rapport de l'Unesco (page 28) : 688 au total dont 275 dans la carrière de Rano Raraku. C'est quand même 300 de moins que les chiffres souvent avancés !

Et puisque je cite l'Unesco, sachez enfin que le "Parque nacional de Rapa Nui", qui couvre plus de 40% de la superficie de l'île, est inscrit au Patrimoine mondial depuis 1995...

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Photo des années 1990, prise lors de la restauration de l'ahu

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

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Au premier plan, le moaï "voyageur". Les guides lui ont donné ce nom car c'est le seul de l'île qui ait traversé l'océan ... et soit revenu.

Le Japon avait en effet obtenu l'autorisation que la statue fut exposée quelques temps au Pays du soleil levant (dans les années 80), afin de lever les fonds destinés à la restauration de l'ahu qui eu lieu entre 1992 et 1996.

Depuis son retour, le voyageur est placé à l'entrée du site et semble accueillir le visiteur...

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En ce mois d'avril, j'ai eu droit à quelques puissantes averses.

C'est là qu'on apprécie d'avoir choisi un 4x4 plutôt qu'un quad ou un vélo !

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(Ahu Tongariki, île de Pâques, avril 2013)

10/05/2013

La fabuleuse carrière du volcan Rano Raraku

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(Volcan Rano Raraku, avril 2013)

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A l'approche du site, on distingue déjà les dizaines de têtes surgissant du sol

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(Volcan Rano Raraku, avril 2013)

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Précision importante : tous les moaï (à part une exception) ont été taillés jusqu'au niveau des hanches. On peut facilement se rendre compte sur cette photo (du web) la dimension des corps toujours ensevelis !

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Photo satellite (Google Eartth) du volcan Rano Raraku

 

Les pentes du volcan Rano Ranaku sont, sans nul doute, l'endroit le plus singulier de l'île, et sans doute aussi celui qui m'a le plus marqué.

Il suffit pour s'en convaincre d'apprécier le travail titanesque qui, en quelques siècles, a grignoté une partie du volcan (photo ci-dessus) afin d'extraire, entre autres, des centaines de moaï.

A l'époque où, pour de mystérieuses raisons, ce travail acharné a cessé, la carrière s'était déjà légèrement déplacée vers le flanc sud-est (le cercle blanc) du volcan ; c'est là que sont tracés les sentiers guidant aujourd'hui le visiteur.

On trouve également d'innombrables sculptures à l'intérieur même de ce volcan (cercle rouge), mais les restrictions actuelles ne permettent pas de les approcher.

Je ne polémiquerai pas sur le chiffre (c'est toujours le même qui est cité !) de 400 sculptures gisant sur les pentes (et également sous !) du Rano Raraku. Ce qui est certain, c'est que seule une petite centaine de statues est visible à l’œil nu ; et ça ne gâche en rien la magie du lieu.

Si l'on trouve ici et là des moaï à tous les stades d'élaboration, encore accrochés au flanc de la montagne ou bien grossièrement ébauchés, c'est leur gigantisme qui nous interpelle immédiatement.

Dans les dernières années (décennies ?) de leur élaboration, les moaï étaient vraiment devenus des "géants", beaucoup plus grand que nombre de leur congénères  dressés au bord du Pacifique.

Ils étaient aussi plus fins et élancés.

Pourquoi tout s'est arrêté ? Pourquoi trouve t'on tant de moaï en construction sur le même site, alors qu'on nous parle si souvent de guerres incessantes ? Pourquoi enfin ces géants sont au deux-tiers enterrés (dans toutes les positions possibles et imaginables) ?

Mystère !

Personne ne connait bien sûr le déroulé des événements, même s'il est fortement probable qu'une ou plusieurs catastrophes climatiques (tsunami, tremblement de terre, pluies diluviennes pendant des mois, glissements de terrain, etc ...?), qui auraient eu lieu entre le 15ème et le début du 17ème siècle, aient largement contribué à un arrêt instantané de la production et au début de la déchéance des idoles.

C'est à partir ce moment là que s'est mis en place sur l'île le culte de l'homme-oiseau...

 

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Un moaï qui se trouve encore dans sa gangue de pierre volcanique

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Ce moaï-ci est tout simplement gigantesque. Une fois dressé (si tant est que cela eût été possible) , il aurait mesuré près de 20 mètres de haut, soit près du double que les plus grands de ses congénères éparpillés sur l'île !

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Ce moaï est un spécimen : A ce jour, il est le seul que l'on ait trouvé agenouillé. Est-ce une marque d'ancienneté (il rappelle les "tiki" polynésiens) ou bien une lubie d'artiste plus tardive ? Mystère...

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(Volcan Rano Raraku, avril 2013)

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Le cœur de l'ancien volcan est très peu visité. C'est sûrement une perte de temps pour les guides, vu qu'il n'est pas permis d'approcher les nombreux moaï qui s'y trouvent.

C'est bien dommage car l'endroit est superbe !

Dérogeant pour une fois à mon profond respect (?) pour les règles établies, je suis allé, le plus tranquillement du monde, baguenauder auprès de ces géants...

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Au premier plan, un moaï en cours d'excavation...

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C'est quand même cool, une photo souvenir sans sentier, ni barrières, ni personne...

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L'Ahu Tangariki, que l'on découvre depuis les pentes du volcan Rano Raraku, sera le sujet de mon prochain et dernier post...

06/05/2013

Quelques autres sites : Vinapu, Huri a Urenga, Puna Pau, Akapu, Papa Waka, Te pito Kura et Te pito O Te Henua

Avec cet antépénultième post, le petit voyage à la découverte de Rapa Nui touche à sa fin.

J'ai réuni dans cet article la visite de six autres sites qui méritent, d'après moi, une attention particulière ; il va sans dire que cette liste n'est pas exhaustive !

 

Ahu Vinapu

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Le site de Vinapu est pour le moins étrange ; pas pour ces moaï qui gisent au sol, comme partout, mais par la construction même de son ahu. S'il en existe seulement deux de ce type sur l'île (l'autre étant l'Ahu Te Peu), celui-ci est sans nul doute le plus abouti.

Les énormes blocs de pierre sont si parfaitement taillés et ajustés que quand je me suis retrouvé devant, j'ai immédiatement fait le rapprochement avec les murs monumentaux  que l'on trouve au Pérou.

Il y a justement quelques rares chercheurs qui avancent que les incas auraient aborder l'île vers le 14ème siècles, et que ce "groupe" serait celui des "grandes oreilles" rapporté par la tradition orale.

Il n'y a bien entendu aucun élément permettant de le prouver, mais il faut reconnaître que la réalisation de cet ahu laisse dubitatif, surtout comparé aux autres de l’île dont la construction est souvent très sommaire, avec des pierres grossièrement entassées...

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Ci-dessus détail de l'Ahu Vinapu ; ci-dessous, chullpa près de Puno, au Pérou

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(Photo Jean Hervé Daude)

Incrustée dans l'Ahu Vinapu, on peut admirer une pierre dont l'agencement ressemble étrangement à un autre exemple trouvé sur un chullpa près de Puno, sur les rives du Lac Titicaca, au Pérou. Ce type de pierre servait à désolidariser les blocs entre-eux et donc d'atténuer les effets d'un éventuel tremblement de terre.

Mais tout cela n'est que conjoncture, et je vous laisse seul juge.

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(Photo Jean Hervé Daude)

 

Ahu Uri a Urenga

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Vu les herbes hautes qui entourent cet ahu, je n'aurais pas de mal à vous convaincre qu'il est certainement le moins visité de l’île. Il y a même des cartes touristiques qui ignorent carrément ce moaï, alors qu'il se dresse à moins de 3km de l'église d'Hanga Roa !

Et pourquoi donc ? Je pense d'abord que ce serait un arrêt de plus pour les tours opérateurs, et donc une perte de temps (et d'argent). Je pense surtout que l'Ahu Uri A Urenga ne cadre pas suffisamment avec la version officielle toujours rabâchée : "tous les moaï tournent le dos à la mer, excepté les 7 "frères" de l'Ahu Akivi, qui eux regardent vers l'ouest, en direction de l'île lointaine d'où ils sont venus".

Ce moaï ci est au beau milieu des terres et il regarde à l'opposé, vers l'est ; si il a bien la mer dans le dos, elle se trouve au moins à 5km de là. Il ressemble fort au "vilain petit canard" qu'on préfère semble t-il oublier !

En fait, il y a tout lieu de penser que l'ensemble de cette construction (ahu, moaï, murets, etc...), comme de nombreuses autres sur Rapa Nui, a une finalité astronomique, sans doute en rapport avec les solstices et autres équinoxes.

Où l'on découvre également que notre fameux moaï posséde quatre mains. C'est le seul sur l’île dans ce cas et ce n'est certainement pas dû au hasard ; évidemment, personne ne sait pourquoi...

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La carrière de Puna Pau

A part le plaisir de se retrouver au milieu des terres, ce site est d'un intérêt assez limité pour ce qu'il nous offre à découvrir. Tous les voyagistes font pourtant, cette fois, le détour : Puna Pau est en effet la carrière dont a été extraits tous les pukao en tuf rouge qui ornent la tête de certains moaï.

On ne sait toujours pas de quand date l'apport de ce nouvel élément (qui semble assez tardif), et pourquoi il était apparemment réservé qu'à certaines des idoles. S'agit-il d'un chignon ou d'un chapeau : les spécialistes hésitent encore sur la nature exacte du couvre-chef !

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Ci-dessus : ce qu'il reste de la carrière de tuf rouge

Ci-dessous : quelques pukao gisant au bord du chemin...

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Ahu Akapu

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On remarque (au niveau du dos du moaï) le complexe de Tahai et le village d'Hanga Roa

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Le Moaï de l'Ahu Akapu semble lui aussi un peu délaissé par le touriste. Il se trouve pourtant à moins de 500 mètres de son collègue "qui à des yeux", sur le site de Tahai...

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Papa Waka

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On trouve à Papa Waka un ensemble de plusieurs grandes dalles naturelles sur lesquelles sont gravés de nombreux pétroglyphes.

Le temps a fait son œuvre, et heureusement qu'il y a quelques dessins pour nous aider à y discerner les gravures...

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Ahu Te Pito Kura et Te Pito O Te Henua

C'est sur l'Ahu Te Pito Kura que fut dressé le plus grand des moaï. Il mesurait presque dix mètres de haut pour un poids qui doit dépasser les 70 tonnes. Le pukao qu'il avait sur la tête mesure à lui seul près d'1,80 mètre.

Le site est surtout couru pour une grande pierre, ronde et lisse que l'on appelle modestement "le nombril du Monde". Ce joli caillou très magnétique, et qui a donc la particularité d'affoler l'aiguille des boussoles, est bien entendu à l'origine d'un tas de légendes et autres fables ésotériques !

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J'ai souri après avoir trouvé sur le Net cette vidéo qui montre que les quatre autres petites pierres, sur lesquelles tous les touristes posent leur derrière, semblent avoir exactement les mêmes propriétés que leur grande sœur.

Mais ça, le guide ne le dit pas : cela ferait trop de nombrils pour un seul Monde ;)

 

(Ile de Pâques, avril 2013)

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